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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 08:07

Une-Nuit-Affiche-France

 

Ne pas aller cinéma nuit à la santé.

Même si c'est lundi, même si le lundi c'est pourri, même si on n'a qu'une seule hâte, le lundi: rentrer chez soi, sous la couette exactement.

Même s'il ne fait pas froid, même s'il ne pleut pas, même si finalement il n'était pas si pourri que ça, ce lundi.

Bien m'en a pris, hier lundi, d'aller voir Roschdy.

(je sais c'est nul, mais j'étais partie dans les rimes en "i")

(c'est à cause de lundi)

(car c'est toujours la faute du lundi, qu'on se le dise)

 

Au départ un peu stressée,

(par l'odeur de poireaux diffusée par mon panier bio)

(après avoir redouté qu'on me refuserait l'entrée, j'imaginai un esclandre dans la salle)

("Non mais, elle peut pas les f***** ailleurs, ses poireaux?")

(je sais, j'ai une imagination délirante)

(et une propension au stress inutile aussi)

j'ai finalement réussi à faire abstraction de la fatale odeur.

(non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau...)

(vous l'aurez compris, depuis dimanche dernier la méthode Coué est ma meilleure amie)

 

Et à me laisser embarquer dans cette Nuit si particulière pour le Commandant Weiss.

On pressent rapidement que ce n'est pas une nuit ordinaire pour ce flic de la mondaine.

Comme son chauffeur pour la nuit (Sara Forestier), on le suit d'établissement en établissement, de boîtes chics en boîtes à partouzes, en passant par des clubs modernes sans âme et, à l'inverse, par de vieux cabarets transformistes (beaucoup plus sympathiques, soit dit en passant) (et qui ne sont pas sans rappeler David Lynch).

On rencontre une multitude de personnages hauts en couleur, du vieux travelo à la tenancière usée, sans tomber dans le cliché d'une vie nocturne idéalisée.

On roule dans Paris la nuit, la photo est belle, la musique envoûtante, et la magie de certaines scènes nous fait presque oublier la tension grandissante.

On se prend au jeu, on prend du plaisir à reconnaître les rues (et certains bars) de Paris, les acteurs - génial Roschdy Zem, Samuel Le Bihan qu'on retrouve avec plaisir, et, cerise sur le gâteau, Richard Bohringer!

 

Un peu grisé par tous ces scotchs et coupes avalés, par toutes ces cigarettes consumées, on se laisse surprendre par le petit matin.

Les lumières se rallument; la descente est rude.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 22:28

 

 

merry_christmas_by_dinagreen-d4k3zsp_large.png

 

J'ai croisé:

 

- un crâneur, sympathique certes, mais un peu crâneur quand même,

qui a exacerbé ma fâcheuse tendance à la jalousie

alors que j'étais en mode esprit de Noël (paix/joie/amour sur la terre);

("je suis arrivé de Tokyo dans la nuit")

("j'ai passé quatre mois au Japon, c'était super")

("en fait j'habite en Afrique du Sud, je partage mon temps entre le Cap et le Japon")

("du coup ma vie est un peu compliquée")

(sans blague)

(je vous hais)

(vous êtes très sympathique, ça m'ennuie, j'aurais aimé vous haïr davantage)

(mais quand même je vous hais)

 

- des gangsters;

(enfin c'est ce que je me suis dit)

(de vraies gueules tardiesques)

(en plus ils étaient taiseux)

(j'ai imaginé leurs vies pendant tout le trajet)

(tout en priant pour qu'ils ne dessoudent personne entre deux wagons)

(...)

(n'importe quoi)

(en même temps il fallait bien que je m'occupe, vu que ma lecture était distraite par crânman et son portfolio)

("alors ça c'est en Tanzanie, ça au Japon...")

(arrêtez!)

(je sais, la jalousie est un bien vilain défaut)

 

- une famille avec bébé et un chat;

(ils avaient envie de se faire des potes, ceux-là)

(heureusement, ils étaient en haut, moi en bas)

(mouhahaha)

(mais quand même sur le quai je ne faisais pas la mariole)

 

- une dame au goût exquis à qui j'aurais bien volé son Bobi et son blouson en lapin;

(je sais, la jalousie...)

(n'empêche...)

(bref)

 

- un monsieur bizarre qui regardait tout ce que je faisais;

(mon téléphone, mes livres, mes journaux, mes clémentines...)

(ahum...)

(comment dire....)

(HELP!)

(j'aurais presque préféré avoir pour voisin l'un des gangsters précédemment cités)

 

- une vieille dame assez drôle

("le problème avec Paris, mon chou, c'est qu'il faut en partir")

(NDLR: mon chou désignait son mari)

("l'air y est tellement mauvais")

(mari qui s'est acharné sur la même grille de mots croisés pendant les trois heures de trajet)

(voire même plus, étant donné qu'il était déjà dans le train quand j'y suis montée)

("toute ma vie j'ai gardé mes clés dans mes poches sans les perdre... je ne comprends pas ce qui s'est passé")

(dix minutes plus tard: "mais quand j'ai mis la main dans ma poche, je n'ai pas eu la perception qu'elles n'étaient plus là)

(cinq minutes plus tard: "elles auraient dû tomber, ça ç'aurait été plus logique, je ne comprends pas")

(...)

 

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'esprit de Noël ne m'aura pas habitée longtemps!

 

Ahum...

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 23:42

Par une difficile journée de la fin décembre,

(sommeil: -150h)

(cadeaux: -2, mais les derniers sont évidemment les plus difficiles à trouver)

(si l'univers était uniquement constitué de filles, on s'arracherait moins de cheveux pour les cadeaux)

(et comme chacun sait la cause capillaire me tient à coeur)

(vraiment)

soldée par une visite dans un grand magasin bondé comme il se doit,

(de gens comme moi qui procrastinent les cadeaux les plus difficiles aux derniers jours avant Noël)

(histoire de transpirer dans les rayons avec tous les procrastinateurs du coin)

(plus on est de fous, plus on rit)

(à Noël on a droit au diction pourri)

je décidai de me récompenser de mes derniers exploits (cadeaux trouvés, jour le plus court surmonté, iphone apprivoisé) par l'achat d'un dvd.

En promo, bien évidemment (faut pas exagérer non plus), ce qui limitait mon choix.

 

J'avais rêvé d'un film de circonstance (genre Les quatre filles du Dr March) (celui avec Winona Ryder et Claire Danes) (que j'ai dû voir jusqu'à l'indigestion il y a une quinzaine d'années), je me suis finalement rabbatue sur La fureur de vivre.

Un film culte ne fait jamais de mal, et avec James Dean encore moins.

(cher James que j'avais en poster dans ma chambre étant gamine...)

 

La-fureur-de-vivre_58510_1289895609.jpg

 

Bon.

Pour être tout à fait honnête, j'ai été un peu déçue.

Si j'ai au départ jubilé, car tous les ingrédients du film culte des 50's sont là - les blousons noirs, les voitures, les sales gosses flanqués de belles pépées (un peu comme dans Grease, sauf que là c'est du 50's authentique) (la comparaison s'arrête là, ne vous emballez pas) -, j'ai assez vite été refroidie par le scénario, que j'ai eu du mal à trouver plausible (lorsque Buzz meurt, à part Jim, personne ne semble vraiment bouleversé, pas même sa pseudo petite amie) et dont certains aspects m'ont semblés un peu poussifs et simplistes (comme l'oedipe de Judy, le père de Jim affublé du tablier de sa femme, le personnage de Plato un peu caricatural en homosexuel en recherche du père...), les personnages auxquels j'ai eu du mal à m'attacher (en dehors de Jim), et la lmusique un peu vieillotte.

 

Il est vrai qu'il faut resituer le film dans son contexte: à l'époque les thèmes évoqués étaient plutôt inédits, et La fureur de vivre décrit me semble-t-il assez justement cette jeunesse incomprise et un peu incompréhensible.

 

Je me suis donc rabattue sur les bonus, et quelle ne fut pas ma surprise!

En plus de la bande-annonce, trois interviews étaient proposées: Natalie Wood, Jim Backus et James Dean.

J'ai d'abord cru à une erreur, mais non.

Chaque interview (bien grand mot, car il s'agirait plutôt de quelques pauvres questions sans intérêt) (pauvre Natalie Wood, qui a eu le moins de questions et qui a dû faire la potiche) (vive la condition des femmes des 50's) est en fait insérée dans un épisode de Behind the cameras, sorte de making-of pro Warner assez drôle.

Présentateur gominé, sourires ultra-bright pour tout le monde, situations un peu artificielles ("et donc Bill, comment écrit-on un scénario à la Warner?")... Behind the cameras est drôle et kitsch, et en même temps assez instructif sur cet âge d'or hollywoodien, ou l'ère industrielle du cinéma des studios (dont j'avais découvert quelques aspects grâce à l'autobiographie de Leslie Caron).

 

Et même si le côté auto-promo de la Warner peut faire grincer des dents, voir James Dean en "interview" mérite le détour.

Surtout lorsqu'on le voit vêtu en cow-boy, échappé du tournage de son dernier film, Giant.

Impossible également de ne pas trouver la coïncidence cruelle de sa dernière réponse:

- un conseil à donner aux jeunes conducteurs?

- "Drive safely; the life you save may be mine".

 

...

 

 


 
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 18:20

paul-smith-le-gentleman-designer_63431_w250.jpg

 

• d'être un homme, pour pouvoir porter ses chemises fleuries, ses pantalons moulants et avoir Londres sous les pieds.

(et pourtant Dieu sait que dans l'absolu être un homme ne me tente absolument pas)

(sauf pour Paul Smith, Hedi Slimane et Agnès b.)

(enfin bon bref)

• de se lever tôt le matin pour aller nager, chiner, pendant que les autres dorment.

• de prendre plein de photos comme lui.

• d'avoir le même bureau que lui (et sa voiture aussi).

• de travailler pour lui.

 

Bien évidemment, je connaissais Paul Smith, son univers so british, son talent de détournement des codes anglo-saxons, sa discrète excentricité (ce n'est pas une figure de style gratuite, c'est vrai)...

Mais grâce à Arte+7 (décidément en passe de devenir ma meilleure copine) j'ai découvert un autodidacte qui ne rêvait pas de grand succès ni de notoriété, qui sait conjuguer créativité et business sans cynisme, qui ne considère rien pour acquis, qui aime les challenges, qui se donne les moyens de profiter de la vie.

 

Elles sont nombreuses, les leçons à tirer ce soir.

 

Le tout enveloppé d'une atmosphère purement anglaise (j'aime tellement cet accent, c'était un pur un bonheur d'entendre un bel anglais ce soir), pleine d'humour et d'humilité, de respect pour les autres (dans ce secteur où les patrons/créateurs/directeurs artistiques tyranniques et de droit divin sont légion, il est bon de le souligner), sur fond de raffinement coloré...

 

Une vie dominée par un seul but: passer une bonne journée - a lovely day en anglais dans le texte, ce qui est encore plus merveilleux qu'une bonne journée (et infiniment plus joli).

 

Paul Smith, embauchez-moi!

Pour vous je quitterai Paris,

pour vous j'aurai le cheveu frisé toute l'année,

(ben oui il fait quand même très humide à Londres)

pour vous je mangerai même de la viande bouillie à la menthe, des beans, des jellies s'il le faut!

 

Embauchez-moi, et nous coulerons ensemble de nombreux lovely days...

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 19:21

grd 408

 

L'année dernière, sur le conseil d'une de mes géniales libraires (on reviendra bientôt au génie des libraires), j'avais découvert ce texte de Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi qui m'avait conquise et remuée à la fois.

 

Je suis en général un peu effrayée par le théâtre,

(comme par tant de choses)

(les araignées géantes dans Paris, entre autres)

(non mais franchement on est à Paris, qu'est-ce que vous fichez là avec vos longues pattes velues?)

(en plus il fait vraiment froid maintenant, si j'étais vous, je partirais pour une contrée chaude et humide)

(bref)

mais quand j'ai lu dans Causette

(oui je suis abonnée à Causette maintenant)

(je travaille ma schizophrénie)

(entre ELLE et Causette c'est le grand écart, de la gym de compétition pour mes petites méninges)

que Darina Al-Joundi jouait sa pièce à Paris, j'ai oublié ma peur du théâtre et j'y suis allée.

 

La mise en scène, plutôt dépouillée, fait la part belle au texte, à sa crudité, son alternance entre comique et douleur sans hiérarchie ni autre ordre que celui de la vie.

Je m'en souvenais assez bien, mais lire un texte et l'entendre de la bouche de son auteur sont deux choses bien distinctes. Voir Darina Al-Joundi déclamer ce texte, son texte, est une expérience incomparable.

Qui m'a happée de la première à la dernière phrase.

Et heureuse d'avoir été emportée, secouée et émue à nouveau.

 

A ne pas manquer, Darina Al-Joundi joue jusqu'au 28 Janvier au théâtre Essaïon (Paris 4ème).

 

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 23:50

affiche-francaise.jpg

 

Âmes sensibles s'abstenir.

 

Heureusement que les prochaines élections ont lieu en mai, autrement il serait difficile d'aller aux urnes...

D'ici mai, de l'eau aura passé sous les ponts (de la Seine...), on sera en 2012, tout sera neuf et beau, ce sera le printemps, la neige aura fondu, on fera des projets pour l'été, on aura recommencé à fumer, bref on aura un peu oublié...

 

Oublié les rouages pervers, et semble-t-il inévitables, de la vie politique, ces alliances éphémères, ces alcôves dorées, lustrées, où tout est calculé, examiné, soupesé, ces hommes qui pour la plupart font de la politique pour rattraper cinq points perdus au dernier sondage ou pour briguer un second mandat... et non dans un intérêt commun.

Autant de constats qui ont écoeuré la candide que je suis, qui a envie de croire coûte que coûte que cette étrange espèce (les hommes politiques)

(non mais franchement il faut être maso pour avoir envie de souffrir autant, d'être tout le temps sur la brèche)

(vous me direz qu'après tout je ne connais pas les délices du pouvoir, et vous aurez raison)

(mais très honnêtement, cette vie de mauvaise adrénaline ne me manque pas) était mûe par un idéal, une envie de faire le bien pour tous, d'améliorer le quotidien.

(oui, je sais, les bisounours n'existent pas, merci)

(ce qui me pose d'ailleurs un vrai problème ce soir car j'en aurais bien besoin après ce film)

(ouf, j'ai retrouvé un ELLE inédit, entre les fiches cuisine et la couleur de l'hiver je devrais pouvoir m'endormir tranquille)

(sauf si mon horoscope est mauvais)

(ne me dîtes pas qu'il est mauvais!)

(...)

 

Pour moi jamais film n'avait jusqu'à présent mieux décrit l'univers du pouvoir et ses mécanismes.

Ses tragédies, ses trahisons, ses luttes intestines. Ce milieu où l'amitié sincère n'existe pas, où tout peut basculer en vingt-quatre heures, où la loyauté envers ses idéaux constitue plus un handicap qu'une force... cartactéristiques qui ne sont pas sans rappeler un autre milieu, sanglant au sens propre celui-là.

Grâce à une galerie de personnages complexes et nuancés (qui au passage, pourraient être de droite comme de gauche), ne sombrant jamais dans la caricature, merveilleusement interprétés (Olivier Gourmet et Michel Blanc en tête).

D'un scénario trépidant, digne d'un vrai thriller, et qui ne fait aucune concession à la facilité.

D'une vraie mise en scène (ce qui, par les temps qui courrent, est suffisamment rare pour être souligné).

D'une musique contemporaine grinçante, presque angoissante par moment, et étouffante à la longue.

 

L'Exercice de l'état est un film de haut vol, un vrai moment de cinéma.

A voir en novembre pour avoir le temps de s'en remettre d'ici mai...

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 20:36

Polisse-affiche-2.jpgJ'avoue, je ne sais pas trop que penser de Polisse.

Une partie de moi a succombé, les acteurs sont très justes, et le thème est tellement fort que rien que pour cela il faut y aller.

Rien ne sert de résumer ces bribes de vie dont on est loin d'imaginer l'étendue, ni le nombre de gens concernés.

En cela, le film de Maïwenn est nécessaire.

 

Mais, au-delà de l'aspect presque documentaire, en immersion à la BPM, quel est l'intérêt du personnage de Maïwenn? De l'histoire qu'elle va (sans surprise) vivre avec Fred?

J'aime bien l'acteur Joey Starr, mais cette scène dans la discothèque (où il danse pendant de longues minutes... presques interminables) , qu'apportait-elle au récit? Ce slow totalement prévisible, et presque embarassant... pourquoi?

Certaines situations ont beau être plausibles voire même touchantes dans la vie réelle, elles ne m'intéressent pas au cinéma.

Dans la même veine je pourrais évoquer le déjeuner chez les parents, le réveil dans l'appartement nouvellement partagé où la belle bobo redécouvre la magie des quartiers populaires...

(ah ben oui, il n'y a que ça de vrai, c'est ça la vraie vie)

(comme les fruits de saison d'ailleurs)

(n'importe quoi)


J'aurais préféré moins de sitcom et plus de cinéma.

Un sujet aussi fort aurait à mon sens mérité un peu plus d'originalité dans le traitement.

Polisse est loin d'être un mauvais film, mais il lui manque un je ne sais quoi qui en aurait fait un vrai bijou.

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 21:29

logorama_h5.jpg

 

Pour calmer la fièvre consommatrice qui s'était emparée de moi suite à Drive,

(pour rappel, j'avais envie d'une voiture, de cure-dents, d'un blouson brodé, de mitaines, de lunettes de soleil...)

(ou la liste indispensable à la ryanitude au bonheur)

(bref)

rien de tel que Logorama.

(il semblerait que, depuis le bonheur des dames, j'aie développé une certaine dépendance au site d'Arte)

("oué genre la meuf qui n'a plus la télé et qui regarde Arte TV")

("j'suis sûr qu'elle lit Télérama en plus")

(" alors qu'elle mate même plus la télé, la bouffonne")

(...)

(oui je suis un cliché vivant, et alors? je ne fais de mal à personne!)

 

J'avais entendu parler de ce court-métrage lorsqu'il avait reçu l'Oscar du meiller court-métrage d'animation (en 2010) (merci Google), et suis tombée dessus par hasard (enfin, par hasard ou dépendance?).

 

Tout, absolument tout (cad les personnages comme tous les décors), est représenté par des logos. Je crois qu'au total plus de trois mille marques figurent dans le film.

Les flics sont des bonshommes Michelins, le méchant est Ronald (normal, tout le monde sait que les clowns sont des pyschopathes) (non mais franchement, qui n'a pas peur des clowns?) (rien que d'y penser...), les crocodiles du zoo sont tirés de nos chers polos français, le gamin Haribo est un sale gosse...

Visuellement c'est très ludique, même si cette surenchère de marques donne assez rapidement le tournis.

 

Mais, au-delà de la performance graphique, ce qui est réjouissant, c'est le pastiche du bon vieux film d'action américain. Rien ne manque: les deux flics qui devisent dans leur voiture, le criminel fou, la belle gosse de la cafétéria, le bus scolaire, la course-poursuite sur l'autoroute, le sniper...

 

Sauf qu'à la fin rien ne va plus, Hollywood sombre dans le pétrole, et les logos coulent...

Sous ses airs légers, ce film est plus subversif qu'il n'en a l'air.

Une raison supplémentaire de ne pas le manquer!

 

Il faut toujours se méfier des clowns...

Logorama--2009-.jpeg

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:53

je rêve de mitaines,

(comme Karl Ryan)

de satin matelassé brodé,

(mais avec un plus joli scorpion que celui de Ryan parce que bon)

(ou alors avec un alligator)

(oh oui... un blouson turquoise avec un alligator blanc aux dents dorées...)

(...)

de lunettes aviateur,

(j'en ai déjà mais elles sont miel)

(or je veux des verres fumés dégradés)

(comme Ryan)

de jouer avec mon cure-dents toute la journée,

(en plus de faire héros solitaire, ça m'occuperait étant donné que j'ai arrêté de fumer)

(que ceux qui disent que c'est la centième fois de l'année que je fais le coup du sevrage se taisent)

(cette fois-ci c'est vrai, ça fait une semaine aujourd'hui,et toc)

(et cette fois-ci je suis vraiment motivée)

de retourner à Los Angeles...

(j'ai décidément un gros faible pour les palmiers)

(presque dix ans que ça me poursuit)

 

En fait, je crois que j'ai envie de me transformer en Ryan.

 

screen-shot-2011-10-14-at-3-19-16-pm.png

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré Drive, son histoire si prévisible qui aurait pu donner naissance à un vrai navet, son héros (non mais ce mec, sous ses airs de minot, a un sex-appeal tel qu'il rend sexy tout ce qu'il porte!) (performance à souligner, surtout pour la veste en jean), Carey Mulligan (et ses divines créoles dorées), tous les acteurs en fait, la mise en scène géniale, la photo superbe, le générique rose et surtout la B.O.

(bon ok à un moment j'ai eu (très) peur, je n'ai pas du tout aimé les premières scènes avec sa voisine et son gamin)

(chabadabada au bord de la rivière sur fond de petite musique, très peu pour moi)

(même s'il les emmène à Thunder Road, faut quand même pas exagérer)

 

 

Musique que je me suis procurée depuis, et que j'écoute en boucle en regrettant de ne pas avoir de belle américaine pour rouler à tombeau ouvert, laissant un sillage de Nightcall ou Desire derrière moi... 

 

 


 

 

 

Demain, j'achète des cure-dents.

 

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 22:26

J'ai réussi à me sevrer de la télévision (donc du Mentalist, de Grey's anatomy, des intrigues sentimentales, des enquêtes bouclées en cinquante minutes) (mais aussi d'Horatio) plus facilement que je ne l'aurais cru.

Contre toute attente, ma dose dominicale d'Experts ne me manque pas.

Cela dit, le dimanche soir était le seul moment où je m'adonnais vraiment à ce péché rituel et, après avoir écumé toute ma collection de dvd, je craignais une rechute (j'ai beau adorer Harry, Frankie et les autres, trop de Sally tue Johnny).


Heureusement il y a Arte, et son site où même avec mon vieux Mac grabataire (qui se souvient encore de l'ibook?) (pourtant à sa sortie il faisait sensation) (il y a huit ans) (ahem) je peux regarder les programmes déjà diffusés sans attendre des heures ni pester à cause d'une image saccadée ou juste invisible.

Merci Arte donc, qui m'a délectée ce soir avec l'histoire des grands magasins, à travers la trajectoire d'Aristide Boucicaut, patron visionnaire du Bon Marché.

 

au2dbon2dmarche.jpg

 

Boucicaut n'était pas uniquement un homme d'affaires talentueux, mais surtout un homme dont le flair, l'audace et la modernité étaient incomparables, en avance sur son temps dans son commerce comme sa considération du personnel (ses employés avaient droit à des congés payés!).

Ce qui nous paraît aujourd'hui naturel ne l'était absolument pas à un siècle où les femmes envoyaient leurs bonnes faire leurs courses, où elles ne pouvaient pas sortir seules hormis à l'église (incroyable mais vrai: les médecins recommandaient de ne pas trop stimuler l'esprit des femmes, autrement le sang quittait l'utérus pour le cerveau, avec les fâcheuses conséquences que l'on imagine), où les différentes classes sociales ne se mélangeaient pas, où la progression sociale était quasiment impossible (une femme issue d'un milieu modeste avait le choix entre une carrière domestique ou sulfureuse), où les magasins étaient spécialisés dans un type de produits, où le client roi n'existait pas, pas plus que la consommation effrénée...

Dans un Paris et une société en pleine mutation (travaux haussmanniens, révolution industrielle, émergence d'une nouvelle classe: la bourgeoisie), Boucicaut avait compris que l'avenir était lié à la vitesse et à la circulation, et va implanter un nouveau mode de consommation toujours d'actualité.

 

Outre la révolution commerciale qu'accomplit cet homme, c'est également l'évolution de la condition des femmes que dépeint ce documentaire, et comment le grand magasin va leur permettre de s'émanciper.

Les bourgeoises y trouveront un moyen de sortir sans mari ni chaperon, de gérer leur argent et de gagner ainsi pouvoir et respectabilité; les femmes issues de milieu modestes y trouveront le moyen inédit de gravir les échelons sociaux en devenant vendeuses plutôt que bonnes ou putains (nouveau métier apparu pour rassurer les clientes, ayant affaire jusque là à des vendeurs exclusivement masculins ce qui en émoustillait peut-être certaines, mais en perturbaient d'autres).

Un grand magasin anglais soutint même les suffragettes dans leurs revendications!

Si le grand magasin a favorisé l'émancipation des femmes, il les a en même temps fait régresser. Le développement de la confection par exemple (et donc de la standarisation des tailles) modifia ainsi la perception de leur corps et encouragea les diktats de l'apparence (et la dictature de la balance).

 

Mais ce documentaire captivant évoque aussi la naissance de la mode, le système des saisons, les révolutions des modes de travail, la perception aiguëe de Zola de ce monde en changement...

 

Le tout mêlant interviews d'historiens, reconstitution pour une fois réussie et contribuant à une meilleure compréhension, images d'archive, publicités et tableaux de l'époque élégamment choisis et animés, et forcément des extraits du Bonheur des dames (qui fera très probablement l'objet de ma prochaine descente en librairie) (bien que ma table de chevet affiche déjà complet) (je n'ai peur de rien).


Jamais rébarbatif mais vraiment passionnant.

 

 

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