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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 21:58

Restless-film-Affiche-01-675x1000.jpg

 

J'ai toujours eu un faible pour les oiseaux, les vieilles dentelles et les palettes fanées.

 

Les jolis mélos, les jolis jeunes gens, et les couleurs automnales.

Les bandes originales soignées, les costumes vintage et les jolis baisers.

 

Mais là franchement, j'ai frôlé l'indigestion.

Après une (longue) demi-heure où je me suis convaincue que le film allait démarrer,

(célèbre méthode Coué...)

(totalement inefficace cette fois-ci)

la déception a fini par me gagner, amplifiée par de nombreux départs dans la salle, ainsi qu'un ronflement fort sonore...

J'ai failli à mon tour quitter la salle, c'est dire...

Moi qui pensais me pâmer devant le bel Henry Hopper, je suis finalement restée jusqu'au bout pour les exquises toilettes de la délicieuse Mia Wasikowska.

(ah, son manteau moucheté, sa robe en dentelle et ses jolies paires de gants...)

(entre autres, car je pourrais vous parler des heures de la robe de chambre d'Henry - noire et chocolat, avec un bel imprimé géométrique -, de leurs costumes d'Halloween, des chapeaux)

 

Gus Van Sant avait-il tant besoin d'argent pour accepter cette commande pleine de sensiblerie et cousue de fil blanc?

(bon ok, presque tous, il y en a juste un qui m'a surprise)

(sans toutefois transformer cet essai)

(merci de noter la métaphore rugbytisante)

(c'est la crise du lundi soir)

(précision: du lundi soir après un loooong week-end en Provence)

(vous ai-je déjà dit à quel point j'aimais Roch Hachana?)

 

Alors oui c'est vrai, les héros sont sympathiques,

(et le bel Henry... yummy)

(mais je préfère quand même Mia)

(j'ai même envie de me teindre en blonde et de me couper les cheveux)

(c'est malin)

(sauf que je n'ai pas d'aussi jolies oreilles)

(soupir)

(je la déteste en fait)

la photo superbe,

(vive l'automne en Amérique)

les décors magiques,

(ça donne envie de se promener tout le temps)

(même dans des cimetières)

(même quand il fait froid),

tout sonne creux.

 

Les dialogues un peu toqués et surréalistes d'Annabel et Enoch?

...

Leurs jeux insolites et enfantins?

...

Les décors et costumes tellement esthétisants qu'on se croirait dans un joli livre d'images?

(et pourtant, Dieu sait combien je suis sensible à l'esthétique)

...

 

L'inévitable montage de séquences merveilleuses (Annabel et Enoch font du vélo, Annabel et Enoch vont au bord de la rivière, Annabel et Enoch s'amuse avec des appeaux, Annabel et Enoch dérapent vivent une première fois de rêve dans une cabane dans la forêt, Annab... oh c'est bon hein on a compris)  avec la petite musique qui va bien (les Pink Martini, pour faire dans l'originalité...) (je finis presque par les détester à force) (ça ne les empêche certainement pas de dormir, mais moi ça me fait tout drôle) a fini de m'achever, et a failli provoquer un fou rire nerveux... qui a laissé place à un soupir franchement agacé après la dernière scène...

 

Pourquoi, ô pourquoi?

 

Rendez-nous Gus Van Sant!

 

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 22:43

(haha haha)

(je parie que je ne suis pas la seule à avoir cédé à la tentation)

(même si m'est avis que les autres auront préféré le mauvais esprit)

(bref)

 

les-bien-aimes-21232-1475593661.jpg

 

J'attendais ce film avec impatience, c'est vrai, on le sait, toute à ma réconciliation toute neuve avec Honoré.

Entre les interviews, les extraits, les critiques, ceux qui trouvaient le film trop long, ceux qui l'ont adoré, ceux qui l'ont détesté, j'avais peur d'avoir une sensation de déjà-vu.

 

Alors au début, oui c'est vrai, d'autant plus que Ludivine Sagnier, toute mignonne qu'elle soit, n'a pas la présence de Catherine Deneuve ni de Chiara Mastroianni.

Cette première partie, avec un intermède pragois pas franchement réussi selon moi, m'a laissée une impression pastelle un peu artificielle (en dehors de la scène d'ouverture avec les chaussures Roger Vivier, irrésistible pour les folles de chaussures comme moi).

Mais dès que Catherine Deneuve apparaît, le film prend son envol.

Elle ne m'a jamais autant impressionnée que dans ce film je crois. Pas forcément par son jeu (car elle est excellente dans tellement de films!), mais plutôt par sa présence, majestueuse et imposante.

La reine du cinéma français.

Chiara Mastroianni n'est pas en reste, troublante et courageuse (car pas du tout à son avantage dans ce film) (et aussi vraiment maigre).

Même Louis Garrel ne m'a pas agacée! (mais quand même: qu'est-ce que c'est que cette coiffure à la fin???)

 

Les chansons d'Alex Beaupain sont justes, simples et belles (surtout les paroles de "Who do you love?", tellement vraies!). Et donnent envie de chanter pour un oui ou pour un non, on essaie d'inventer des paroles pour n'importe quelle situation ("j'ouvre la porte...", "où sont mes clés?").

(ah bon, ça c'est que moi?)

(autant pour moi)

(n'empêche que ça embellit le quotidien)

(à l'heure où tous les hebdomadaires nous abreuvent de conseils pour pimenter le quotidien toute l'année, voilà une bonne idée à prendre)

(plus sympa qu'aller au supermarché déguisée en fée avec ses filles)

(lu dans ELLE cette semaine)

(ah, après les feuilletons people/policier/anorexique de l'été, le numéro de la rentrée spécial enfants)

(... que du bonheur)

(qu'est-ce qui m'attend ce vendredi, honnêtement je ne saurais le dire)

 

Sous ses airs de ne pas y toucher, ce film n'est pas qu'une simple comédie musicale sur l'amour, ses détours et ses peines.

En tous cas, il a touché quelque chose en moi, au-delà des éternelles questions: vaut-il mieux aimer, être aimé, aimer pour toujours, être libre...

 

Comme le dit si justement Catherine, répondant à sa fille qui lui demande si elle sera enfin heureuse pour de bon avec son père: "ça on ne peut le savoir qu'à la fin, autant penser au moment présent".

 

 

Et en bonus cette très belle reprise des Pretenders:

(car la BO, en plus des chansons originales d'Alex Beaupain, est sublime)

 


 
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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 09:20

Vous revenez de vacances, le moral regonflé à bloc?

Plein de bonnes résolutions pour la rentrée?

Oui cette année, c'est décidé, vous direz enfin merde à Bernard et à ses blagues sexistes à la photocopieuse? Vous demanderez enfin une augmentation, et ne vous laisserez plus marcher sur les pieds?

Ou bien vous plaquerez tout, et tournerez le dos au système parce que la vraie vie ce n'est pas ça?

Ou encore vous allez bientôt partir en vacances,

(comme moi)

(et non je n'ai pas écrit cette phrase uniquement pour faire des envieux)

(je n'ai pas dit que je ne voulais pas faire d'envieux, mais que ce n'était pas mon unique intention, nuance)

vous contenez difficilement votre impatience, mais vous êtes quand même amour et joie mêlés à l'idée de faire bientôt votre sac?

 

Rien de tel que le dernier Lars Von Trier pour vous remettre les idées en place.

 

Melancholia-film-logo-580x242.png

 

Après un prologue très esthétique, voire esthétisant, que j'ai pour ma part jugé un peu long et surtout inégal - certaines images étant très belles et surtout très évocatrices (comme Kirsten Dunst entravée par des liens laineux grisâtres, ou bien en Ophélie), d'autres un peu trop sensationnelles à mon goût - et une première partie (consacrée à Justine, la jeune mariée dépressive et inadaptée/able) poussive et pénible pour moi (sans doute nécessaire à la cohérence du film, mais peut-être aurait-elle pu être raccourcie?), le film prend toute sa dimension avec la seconde partie, centrée sur Claire, la soeur attentionnée et plus terre à terre, et cette fameuse planète qui se rapproche de plus en plus vite.

Tout s'intensifie alors, la tension et nos sentiments vont crescendo.

Comme Claire (j'aime beaucoup Kirsten Dunst, mais franchement je pense que Charlotte Gainsbourg méritait davantage le prix d'interprétation dans ce film), on a peur, et, même si la fin est connue, on ne peut s'empêcher d'espérer.

 

Il n'est pourtant à aucun moment question de Dieu ni de foi - la seule allusion faite à l'église est énoncée par Charlotte Rampling, qui déclare qu'elle n'a pas assisté à la cérémonie religieuse car cela ne signifiait rien pour elle.

J'ai trouvé assez troublant cette absence totale de religion, même lointaine, et le fait que, même dans cette situation sans espoir, aucun des personnages ne se tourne vers Dieu, par conviction ou pas.

En même temps, à quoi bon puisque tout finira mal de toute manière?

 

La scène finale, très belle, donne naissance à une multitude de (remises en) questions.

 

Si en plus, comme moi, quand vous sortez du cinéma le ciel est zébré d'éclairs, si des bourrasques commencent à souffler tout autour de vous, vous n'avez pas fini de vous la prendre, cette claque.

 

"Personne ne nous regrettera", ne l'oublions pas.

 

melancholia.jpg

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:03

L'avantage quand tout le monde a quitté Paris, et que le temps est maussade (doux euphémisme), c'est qu'on peut sans vergogne rattraper ses classiques.

C'est presque une aubaine en fait.

(il faut toujours voir les choses du côté positif: il n'y a personne à Paris au mois d'août et il pleut? ce n'est pas grave, je vais me transformer en ermite en profiter pour rattraper mon retard)

(c'est l'influence de la visite du Dalaï Lama en Italie, j'en profite pour me poser les vraies questions et recentrer ma vie)

(...)

(non mais vous y avez cru une seule minute?)

(en réalité j'achète des lampes design sur internet)

(et je liste tout ce dont j'aurais besoin pour les vacances)

(en un sens, c'est ça aussi recadrer ses priorités)

(mouhahaha)

 

Et comme certaines enseignes font des promotions indécentes sur les DVD, je m'en donne à coeur joie!

(en même temps j'ai comme l'impression de pactiser avec le diable quand je vais dans ce grand magasin rouge)

(j'ai presque vendu mon âme en acceptant leur carte de fidélité)

(mais je jure que je n'y achète jamais de livres)

(j'ai encore sept jours pour me décider... activera la carte, ou pas?)

(pour que Satan gagne tapez 1, pour qu'il perde tapez 2)

(...)

 

Bref, c'est ainsi que je me suis plongée avec délectation dans les années lycées de Tomasi & Co.

peril-jeune-1995-07-g.jpg

 

L'ambiance de ces années-là m'a semblée justement restituée. Et on peut difficilement bouder son plaisir à la vue de Romain Duris, Vincent Elbaz ou Elodie Bouchez encore tout jeunes.

J'ai beaucoup ri, jusqu'au moment où le film bascule une réalité moins drôle et festive.

Ce film m'a touchée aujourd'hui, alors que je n'étais pas née à cette époque et que je ne suis plus lycéenne depuis belle lurette, pas étonnant qu'il s'agisse d'un film culte.

 

Mais je dois avouer que lorsque le générique de fin a commencé à dérouler, je me suis sentie un peu vieille.

(la faute aussi à la péremption officielle de ma carte 12-25)

(à tous mes amis qui ont de vrais appartements)

(comprendre des deux pièces)

(sans parler de ceux qui achètent)

(ou qui se marient)

(autant de petits coups de vieux dans ma poire)

(cela dit j'aime beaucoup aller dans des deux pièces, pour moi c'est un émerveillement de chaque minute)

(idem pour les mariages)

 

Leur insouciance, les engagements (à divers degrés, bien évidemment) des personnages, leur fraîcheur me sont revenus en pleine figure, et j'ai trouvé ma génération un peu terne (cela dit, il ne tient qu'à moi de m'engager davantage, mais quand même la ferveur de ces années-là manque aujourd'hui).

Cette génération précaire dans tous les domaines (ah, la vie professionnelle; ah, la vie sentimentale; ah, le logement...).

Je ne suis pas totalement représentative de ma génération (j'ai la chance de ne jamais avoir été au chômage), mais parfois je me dis que j'aurais préféré être née plus tôt...

 

En 1975 avec Tomasi, par exemple?

(en même temps je m'imagine difficilement vivre sans internet)

(sans blague)

(en fait je me dis plutôt que je ferai une énorme mid-life crisis)

(sauf que je n'achèterai pas de Porsche)

(je me vois plutôt tout plaquer et partir à Katmandou, avant d'ouvrir un bar sur une plage exotique)

(mais en même temps je m'imagine difficilement vivre sans internet)

(mes questionnements existentiels tournent en rond)

(soupir)

(c'est peut-être un signe que m'adresse le Dalaï Lama pour que j'aille à sa rencontre en Italie?)

 

Moralité: je vais peut-être reporter pour une durée indéterminée ma session "Into the Wild" afin de préserver mon cerveau.

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 08:53

Visuel_PetiteFille2010.jpg

 

C'est l'histoire d'une fille que ses parents continuent à traiter comme une enfant, même si paradoxalement ils veulent la marier à tout prix.

Une fille qui affirme n'avoir besoin de personne, mais qui rêvasse au prince charmant.

Une fille qui proteste qu'elle n'est pas à vendre, mais qui se laisse mollement faire la plupart du temps.

 

Comme si tout l'indifférait, en dehors de l'atelier théâtre (où elle fait preuve d'un certain talent), et de ses rêves à l'eau de rose.

 

En même temps, dans cette campagne où la moindre "originalité" fait naître la suspicion ("c'est bizarre quand même que cette nouvelle directrice soit arrivée ici toute seule"), tout le monde la presse de se marier (comme si ses parents ne suffisaient pas, son amie souligne qu'elle a bientôt atteint la limite de péremption...), on comprend qu'elle se réfugie dans ses feuilletons et ses collages de gamine.

 

 

L'intérêt ne réside pas forcément dans l'histoire, dont l'on devine plus ou moins les rebondissements, mais plutôt dans la montée de la tension, servie par la mise en scène de Laetitia Masson et le jeu de ses acteurs.

Hélène Fillières bien évidemment, mais aussi ses parents (exquise Aurore Clément) à l'amie d'enfance, en passant par le bel inconnu (Benjamin Biolay, encore lui, mais je reviendrai sur son cas) qui va tout déclencher, l'éveil à la vie, l'amour fou, la directrice de l'école, seul personnage apaisant.

 

On comprend en effet rapidement que tout cela finira mal, reste juste à savoir quand, et jusqu'où tout cela ira...

 

Pour moi le pire n'était pas vraiment le dénouement, mais plutôt le soulagement que j'ai alors éprouvé.

Un sentiment bien désagréable et surtout dérangeant, dû à mon avis à la force la progression dramatique et à l'interprétation impressionnante d'Hélène Fillières.

 

La fin est finalement plus inattendue que je ne l'aurais cru, faisant de Sylvie une véritable héroïne de tragédie, écho à la tragédie shakespearienne qu'elle répétait.

 

Une bonne petite claque, ça ne peut pas faire de mal...

 

Ce téléfilm est diffusé sur France3 mardi soir, d'ici-là il est visible en streaming sur le site de Télérama.

(et non, je n'ai pas craqué sur la télé)

 

Je recommande tout de même une lecture facile et sympathique pour la soirée.

(voire même du chocolat)

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:09

Dans la série "on prend les mêmes et on recommence", j'avoue un plaisir inégalé à revoir régulièrement le second film de Sofia Coppola (comme tous ses films en fait) (sauf que pour Virgin Suicides j'essaie d'être un peu forme quand même).

 

A chaque fois, je suis enchantée comme si c'était la première fois.

 

La BO idéale (que je réécoute en boucle depuis), le casting parfait, la photo, le scénario... la poésie moderne qui s'en dégage...

(mon Dieu que cette fille (Sofia Coppola) m'énerve à tout faire si bien!)

(en plus elle se marie à la fin du mois avec le chanteur de Phoenix)

(oui, je sais, la jalousie est un bien vilain défaut)

 

On a déjà dit tellement de choses sur ce film: l'éclosion d'une actrice (ah, Scarlett...sa voix, sa moue, quel choc c'était!), la culotte, le talent de Sofia Coppola de filmer le rien en en disant tout, sa subtilité et son raffinement, le juste équilibre entre humour, spleen et moments de grâce...

 

Une amie m'avait confié à la sortie du film qu'elle n'avait pas du tout accroché, qu'elle ne comprenait pas le personnage de Charlotte, son spleen, qu'elle avait trouvé le film lent et long, voire même ennuyeux...

Sept ans plus tard (ce qui ne nous rajeunit pas) (soupir), je ne la comprends toujours pas...

Car je me sens toujours aussi proche de cette Charlotte un rien bêcheuse qui laisse le temps s'écouler, qui regarde le monde derrière sa fenêtre, qui ne sait pas très bien où elle va...

lost-in-translation

(malheureusement je n'ai pas la même plastique irréprochable pour me consoler)

(soupir bis)

(mais au moins je ne suis pas mariée à un photographe post-adolescent américain)

(en revanche j'ai le même parapluie transparent)

(et j'aurais pu faire la même rélexion à propos d'Evelyn Waugh)

(on ne peut pas tout avoir)

(soupir ter)

 

 

A voir et à revoir sans se lasser... ne serait-ce que pour cette scène finale...

(et qu'importe ce que Bill Murray lui dit!)

(cela ne nous regarde pas après tout)

(je n'ai jamais compris l'acharnement qui consistait à découvrir cette réplique à tout prix quand le film est sorti)

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Quitte à promener mon parapluie transparent tout le mois d'Août, autant être avec Bill à Tokyo...

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:49

affiche-a-single-man.jpg

Encore un film que j'avais raté au cinéma (décidément).

Et c'est dommage, parce qu'après l'avoir découvert au cinéma, je me dis que sur un grand écran ça devait être bien.

 

Je n'ai jamais été une grande fan de Tom Ford (rien que de penser aux collections qu'il avait dessinées pour YSL , j'en ai des frissons...) (et c'est sans compter le porno-chic gucciesque) (même si en même temps je ne peux nier ni son flair ni son talent).

Et j'avoue, encore aujourd'hui, avoir du mal à le trouver crédible, même quand il parle de son film. Est-ce dû à son physique de golden boy, son bronzage caramel et ses chemises (trop) ouvertes?

 

Pourtant, il a bel et bien réalisé ce film.

A ma plus grande joie.

 

Alors oui, les mauvais esprits pourront toujours dire qu'il s'agit d'un film purement esthétique, que certains acteurs ressemblent trop à des top-models pour être honnêtes, que tout est trop beau et soigné (les décors, les costumes), que certains effets sont de trop (flash-backs, ralentis pouvant paraître trop maniérés).

Qu'il s'agit au fond d'un joli film, comme on parle d'un bel objet, agréable à regarder mais sans véritable intérêt.

 

Je pense que ceux-là se trompent.

 

Moi aussi j'ai eu peur au début, tout était terriblement chic et parfait: les costumes, les décors, les accessoires, certaines image semblaient directement sorties d'une série mode, et certains jeunes garçons (un poil trop jolis pour êtres de bons acteurs, les vieux clichés ayant la dent dure) issus de Têtu (genre le best-of des gays les plus sexy de l'été).

 

Mais résumer le film ainsi ne serait pas lui rendre justice.

Car la magie opère à notre insu, et on se surprend à être pris au piège de ses émotions, grâce aux excellentes interprétations de Colin Firth et Julianne Moore.

Colin Firth, de tous les plans ou presque, dont le visage peut tout exprimer en moins d'une minute, sans même qu'il bouge. J'ai vraiment été bluffée par son jeu dans ce film, tout se lit dans ses yeux, c'est assez incroyable. Sans parler des subtuiles inflexions de sa voix... Il a raflé pour ce rôle le prix d'interprétation à Venise, le moins qu'on puisse dire est qu'il ne l'a pas volé.

Julianne Moore est parfaite, comme d'habitude. Le personnage de Charley, meilleure amie de George et femme sixties désespérée (mari et enfant partis, gin et nicotine à volonté), prend vie dès le premier plan où elle apparaît. Cette actrice fait vraiment partie des meilleures (je suis capable d'aller voir n'importe quel film si elle en est). En plus la choucroute et l'eye-liner sixties lui siéent à merveille.

Le Los Angeles des années 60 est parfait - ah, Los Angeles... c'est fou ce que cette ville dégage de fantasmes et de rêves. Plus le temps passe, et plus je la trouve fascinante - et glaçant (les schémas sociaux, la guerre froide, l'homophobie...).

Et la BO envoûtante; je suis d'ailleurs en train de l'écouter en boucle...

 

Alors oui, c'est vrai, il y a beaucoup de coquetteries visuelles, et ça peut éventuellement en gêner quelques uns. Mais pour moi ces effets ne sont pas vains, et contribuent à la senusalité et à la sensibilité du film (ah, le plan où Julianne se met de l'eye-liner en écoutante Gainsbourg...).

Les flash-backs ne sombrent jamais dans le pathos, les jolis garçons sont plus profonds qu'ils n'en ont l'air, et la problématique est finalement universelle.

Le passé, le présent, le futur, comment se débrouiller avec tout ça...

 

Définitivement bien plus qu'un joli film.

 

 

 

Et en bonus le plus beau des jolis garçons du film:

acteur-du-film-a-single-man.jpg

(comme quoi, quarante ans plus tard, une jolie banane, un tee-shirt blanc et un jean noir plutôt moulant font toujours leur petit effet...)

(j'ai toujours adoré les bananes)

(dans Grease, j'ai toujours préféré Kenickie parce qu'il avait une grande banane)

(bref)

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 09:35

Lola_Creton_jeune_actrice_Un_amour_de_jeunesse_Mia_Hansen_L.jpg

 

J'étais pourtant bien disposée.

Un jour de congé en pleine semaine,

(joie transgressive de ne pas travailler quand en théorie on aurait dû être au bureau)

(bizarrement, je trouve ces jours beaucoup plus profitables que les week-ends)

(je devrais en parler à mon patron)

(ha ha ha ha, ceux qui le connaissent réaliseront la totale ineptie de ma parenthèse précédente)

(on va mettre ça sur le compte des endorphines sécrétées par cette journée de non-boulot)

 

une expo superbe (Mme Grès),

(où le seul truc pas cool était de croiser de superbes créatures hyper lookées)

(c'est le problème quand une expo est vantée dans tous les blogs mode de la création, on croise des filles mincissimes-canonissimes-fashionissimes)

(alors qu'on est soi-même non-lookée, le cheveu légèrement frisotté par une pluie qui s'invite quotidiennement, et les boutons cachés sous la frange)

(bénie soit ma frange)


un ELLE entier à rattraper,

(je me suis loosée dans mon réabonnement, d'où une semaine de vide intersidéral)

(ce qui m'a permis de réaliser, une fois de plus, ma dépendance)

(même si on est en été et qu'il est anorexique)


de grands moments culinaires...

(là je ne développerai pas)

(jamais)

 

Une fois n'est pas coutume, j'avais parfaitement calculé mon timing.

(truc de ouf)

(ça ne m'était jamais arrivé avant)

(j'aurais dû jouer au loto pour la peine)


Tout se déroulait à merveille, comme prévu, ce qui me procurait une immense satisfaction, et faisait donc grimper en flèche mon taux d'endorphines, avec un pic à 17h35 me semble-t-il, lorsque, pile à l'heure, j'entrai dans la salle de cinéma pour découvrir que non seulement je n'avais pas raté les bandes-annonces, (j'adore les bandes-annonces, même celles des films nuls), mais qu'en plus je pouvais me caler dans un coin sans que personne ne vienne s'asseoir devant moi.

(genre un grand avec des cheveux bouclés)

(normalement celui-ci est toujours pour moi)

(en plus il arrive toujours au dernier moment, alors que je commence à me détendre en me disant que cette fois-ci personne ne viendra gâcher mon plaisir...)

(en fait il me faudrait une salle pour moi toute seule, ça m'épargnerait bien des soucis)

(oui je sais, j'ai le stress inutile)

(mais je me soigne)

 

Bref, ça commence plutôt bien, je suis aux anges, me disant que je passe une après-midi au paradis.

 

Et puis, petit à petit, une torpeur me gagne, l'ennui s'installe, avec ses inconforts (la jambe droite au-dessus ou en-dessous? plutôt avachie dans le fauteuil ou droite comme un "i"?)...

Pourtant, malgré tout, ce film réveille en moi des souvenirs plus ou moins lointains, je cède même à la nostalgie mélancolique, le temps de quelques scènes...

 

Mais rien à faire, je trouve tout cela un peu vain, la voix de Sullivan m'horripile, je trouve les dialogues faux, je ne comprends pas ce qu'ils se trouvent, je n'ai aucune empathie pour l'héroïne, et la dernière scène me donne envie de rire...

Non mais franchement, ce chapeau qu'il lui avait offert, s'envolant pour dériver le long de la rivière! On a connu des métaphores autrement inspirées, et surtout plus subtiles...

 

Je suis déçue donc, très déçue même, par ce film dont j'attendais tant, et dont j'avais entendu tant de bien.

 

Heureusement, la bande-originale est vraiment réussie, et je remercie Mia Hansen-Løve de m'avoir fait découvrir Johnny Flynn et ses chansons folks, dont "The Water", musique du générique de fin.

 

 


 
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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 09:52

J'ai beau être devenue une parfaite parisienne,

(tronche dans le métro, et soupirs devant les touristes/le tour de France/la ratp inclus dans le forfait)

(mais en même temps, comment ne pas râler quand on est empêché d'aller viiiite???)

(je sais, je suis irrécupérable)

(mais à ma décharge il m'arrive de sourire dans le métro)

je n'ai jamais tellement aimé les films de Christophe Honoré.

 

Dans Paris m'avait bien séduite, surtout grâce à Guy Marchand, que j'étais tellement contente de retrouver, en papa-poule de sucroît!

(Guy et moi on a un gros passif depuis le CE2)

(à base de vendredis soirs)

(de pizza)

(et mes parents aussi)

Louis Garrel commençait déjà à m'agacer un peu, après m'avoir totalement affolée avec ses boucles brunes je l'avoue. (c'était ma période beaux ténébreux intellos)

(genre, je n'ai pas le temps de me rendre compte que je suis beau)

(arrête de dire des sottises chérie et laisse-moi finir Proust plutôt...)

 

Et je suis complètement passée à côté des Chansons d'amour. A part une scène ou deux, et les chansons d'Alex Beaupain, je me suis plutôt ennuyée, j'ai pesté contre l'artificialité omniprésente, et surtout je n'ai pas du tout compris l'engouement collectif.

 

jpg_non_ma_fille__tu_n_iras_pas_danser_0.jpgDu coup, quand Non ma fille, tu n'iras pas danser est sorti en salles, j'étais partagée entre ma curiosité et mes appréhensions.

Et j'ai laissé filer le temps, le laissant décider à ma place (ô position combien confortable!) (lâche, certes, mais tellement pratique) (à utiliser avec modération tout de même).

 

Rattrapage effectué hier soir; et je pense être réconciliée avec Honoré.

Si Léna n'a pas réussi à me bouleverser (il faut dire que parfois elle est un peu horripilante quand même) (mais en même temps tellement juste...) (et l'interprétation de Chiara Mastroiannai est brillante) (en fait elle m'a réellement désarçonnée je crois), j'ai été beaucoup plus sensible à tous les autres personnages, du fils de Léna, impressionnant enfant, à ses parents, en passant par Marina Foïs (sauf Garrel qui, décidément, m'agace de plus en plus) (en outre je ne le trouve plus beau du tout) (le charme est définitivement brisé).

Et surtout à ce tableau de famille. Leurs relations conflictuelles et en même temps empreintes d'amour (Marina Foïs, plutôt agressive avec sa soeur, la défendant becs et ongles face à son ex beau-frère, ou les ressources insoupçonnées de l'amour fraternel).

La famille que dépeint Honoré n'a rien d'idéal ni à l'inverse de cauchemardesque; c'est, me semble-t-il, une vision plutôt réaliste. Comment la famille est un refuge, en même temps qu'une contrainte, comment on s'enferme/est enfermé dans un rôle, comment malgré tout ces liens sont quand même parmi les plus forts...

Il a réussi à exprimer un ressenti que l'on est nombreux à partager je pense, de manière tellement subtile, et avec des personnages tellements beaux, tellement vrais...

Plus qu'un portrait de femme, c'est cela que j'ai retenu de ce beau film (sans mentionner le film dans le film, une pure merveille...)

 

Vivement le prochain donc...

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 15:18

yards.jpgJames Gray a bien du talent.

 

J'avais eu la chance de voir The Yards au cinéma il y a deux ou trois ans, grâce à Nova.

Déjà impressionnée à l'époque, je n'en étais pas moins suspendue au film en le revoyant ce soir, même si je me souvenais vaguement de certains rebondissements.

 

Grâce aux acteurs, tous excellents, de Joaquin Phoenix (son acteur fétiche) repoussant à souhait (alors que tellement attendrissant dans Two Lovers) à Faye Dunaway glaçante en mère antipathique (elle m'a un peu fait penser à la mère d'Animal Kingdom), en passant par Mark Whalberg (binôme de Phoenix) (et ses biceps) (non mais vous avez vu la taille de ses biceps?) (c'est pas humain des biceps pareils...), et Charlize Theron bien évidemment (que devient-elle d'ailleurs?) (à part les pubs Dior)...

A l'ambiance totalement réussie, en dépit de peu de moyens, de la bande originale à la très belle photo en clairs-obscurs, presque picturale par moments.

Et au scénario, bien évidemment, mélange de tragédie grecque et de film noir comme je les aime.

Un passé familial aux contours flous mais à l'influence certaine, des relations ambiguës, la loi du silence, l'impossibilité d'échapper à son destin, les petits arrangements entre "amis"/avec la vérité, les sacrifices... Tous ces éléments s'imbriquent les uns dans les autres, et nous tiennent en haleine (même en revoyant le film!).

 

Comme ses autres films (que je trouve aussi excellents, on en reparlera), l'action se situe dans le New York de James Grey, c'est-à-dire non pas Manhattan mais le New Jersey, le Queens, le Bronx, le décor étant une composante particulièrement essentielle pour la tonalité du film.

 

C'est le savant équilibre de tous ces éléments qui fait l'excellence de ce film (non, je n'exagère pas) (oui, je pèse mes mots).

 

The Yards fut un échec commercial à sa sortie (j'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi). James Grey attendit sept ans avant de tourner son film suivant, La nuit nous appartient, dont le succès lui permit de réaliser Two Lovers.

 

J'avoue attendre avec impatience son prochain film, car l'univers et la sensibilité de ce réalisateur me touchent particulièrement.

J'aime ses univers sombres, où le bonheur n'existe que fugacement, et encore en demi-teintes, et où les issues ne sont jamais simples, j'aime la lumière de ses films et leurs décors, j'aime ses acteurs et les personnages qu'ils incarnent me font trembler, rêver ou pleurer.

 

M.Grey, dîtes-moi que vous travaillez sur un nouveau projet...

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