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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 15:18

yards.jpgJames Gray a bien du talent.

 

J'avais eu la chance de voir The Yards au cinéma il y a deux ou trois ans, grâce à Nova.

Déjà impressionnée à l'époque, je n'en étais pas moins suspendue au film en le revoyant ce soir, même si je me souvenais vaguement de certains rebondissements.

 

Grâce aux acteurs, tous excellents, de Joaquin Phoenix (son acteur fétiche) repoussant à souhait (alors que tellement attendrissant dans Two Lovers) à Faye Dunaway glaçante en mère antipathique (elle m'a un peu fait penser à la mère d'Animal Kingdom), en passant par Mark Whalberg (binôme de Phoenix) (et ses biceps) (non mais vous avez vu la taille de ses biceps?) (c'est pas humain des biceps pareils...), et Charlize Theron bien évidemment (que devient-elle d'ailleurs?) (à part les pubs Dior)...

A l'ambiance totalement réussie, en dépit de peu de moyens, de la bande originale à la très belle photo en clairs-obscurs, presque picturale par moments.

Et au scénario, bien évidemment, mélange de tragédie grecque et de film noir comme je les aime.

Un passé familial aux contours flous mais à l'influence certaine, des relations ambiguës, la loi du silence, l'impossibilité d'échapper à son destin, les petits arrangements entre "amis"/avec la vérité, les sacrifices... Tous ces éléments s'imbriquent les uns dans les autres, et nous tiennent en haleine (même en revoyant le film!).

 

Comme ses autres films (que je trouve aussi excellents, on en reparlera), l'action se situe dans le New York de James Grey, c'est-à-dire non pas Manhattan mais le New Jersey, le Queens, le Bronx, le décor étant une composante particulièrement essentielle pour la tonalité du film.

 

C'est le savant équilibre de tous ces éléments qui fait l'excellence de ce film (non, je n'exagère pas) (oui, je pèse mes mots).

 

The Yards fut un échec commercial à sa sortie (j'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi). James Grey attendit sept ans avant de tourner son film suivant, La nuit nous appartient, dont le succès lui permit de réaliser Two Lovers.

 

J'avoue attendre avec impatience son prochain film, car l'univers et la sensibilité de ce réalisateur me touchent particulièrement.

J'aime ses univers sombres, où le bonheur n'existe que fugacement, et encore en demi-teintes, et où les issues ne sont jamais simples, j'aime la lumière de ses films et leurs décors, j'aime ses acteurs et les personnages qu'ils incarnent me font trembler, rêver ou pleurer.

 

M.Grey, dîtes-moi que vous travaillez sur un nouveau projet...

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:10

Et bien certains si.

 

La preuve par trois:

(où l'on verra plus tard que cette expression est totalement surfaite)

(car a priori je n'ai pas trois arguments)

(joies de l'improvisation)

 

Errant par hasard sur le site du Monde,

(et oué ça claque hein, d'errer sur le site du Monde)

(je suis même sociétaire du Monde)

(et oué...)

 

je suis tombée sur un webdocumentaire sur les jeunes, soit les portraits de quinze ados d'aujourd'hui.

Les images défilent, parfois animées, parfois non, avec en fond les voix de nos jeunes héros qui se racontent un peu.

 

ado7f2d11yh9.1266312126.jpgEt voilà comment je suis restée scotchée, parfois amusée ("on m'a dit que la fac c'est tranquille alors ça me tente bien, et dans une dizaine d'année je trouverai un boulot peinard..." ; et mec, le chômage t'es au courant un peu?), parfois effarée ("je n'ai jamais fini un livre de ma vie", mais quel chagrin!), mais aussi impressionnée (merci à Annabelle et à sa révolte salvatrice).

Sans surprise, les garçons ne font pas preuve d'une maturité extraordinaire (à part un peut-être) et semblent curieusement imperméables au monde qui les entoure, hormis leurs diverses passions (Game Boy, sport ou musique), alors que les filles font preuve d'une perception de la vie, du futur et d'un pragmatisme impressionnants (pas toutes bien évidemment, mais je me suis souvent demandée si je faisais preuve d'une telle maturité au même âge).

 

De bien touchants portraits, que je vous encourage à aller voir , et qui me donnent envie de m'intéresser de plus près aux webdocumentaires en tous genres.

 

Je vous recommande d'y faire un tour, en attendant que Le Monde renouvelle l'expérience avec une autre famille d'individus!

(l'on aura donc vu  au passage qu'il ne s'agissait pas ici de preuve par trois à proprement parler)

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 10:05

de Diane Kurys

 

Asphodèle ayant eu la généreuse idée (merci!) de faire tourner ce dvd, je l'ai reçu la semaine dernière dans ma boîte aux lettres (merci Séverine!).

Je n'ai pas été tellement déçue, mais plutôt irritée.

 

testud-sagan.jpgEn dehors de la performance d'actrice de Sylvie Testud, vraiment impressionnante (surtout à la fin, parce qu'au début, les tics de langage et de la main dans le cou sont un peu agaçants; même si véridiques, ils semblent un peu artificiels), le reste reste terriblement superficiel.

On passe d'une période à une autre, sans jamais rien approfondir.

D'où une incompréhension de ses choix de vie, et des liens qui la rattachent aux autres.

Peut-être aurait-il mieux valu ne s'attacher qu'à une époque, au lieu d'avoir l'ambition de retracer une vie entière.

Ajoutez à cela un défilé incessant d'acteurs connus, que l'on s'amuse à reconnaître (tiens, Podalydès, et voilà Balibar...), une mise en scène plus que plate (ah le dialogue entre le fils et l'infirmière à la fin, on dirait un téléfilm sentimental de la Trois) (mais d'où sort donc cet affreux acteur?), une musique dégoulinante omniprésente assez désagréable qui gâche selon moi les meilleurs moments du film, et un coucher de soleil final mystico-sentimentalo-kitsch, et vous prendrez la mesure du dommage...

 

Surtout après avoir lu Avec mon meilleur souvenir, on se dit qu'il y avait là une matière autrement plus riche que ce roman-photo joliment illustré (blague à part, les costumes sont vraiment réussis), qui ne fait à mon sens que renforcer le cliché habituel, et ne rend as vraiment justice à la Sagan que l'on découvre au travers de ses écrits.

 

Heureusement, il y a Sylvie Testud. N'ayant pas connu le personnage Sagan de son vivant, j'ai quand même été bluffée par son jeu; elle a su faire vivre cette femme, me la rendre réelle et plus proche.

Et tous les passages en voix off, où on la voit écrire, sont à mon sens les plus réussis (si l'on parvient à faire abstraction des violons, bien évidemment).

Et donnent envie de se replonger vite fait bien fait dans l'un de ses livres! Ce qui n'est déjà pas si mal...

 

Pour finit, une phrase saganesque à méditer: "Bien sûr on a des chagrins d'amour, mais on a surtout des chagrins de soi-même".

 

...

 

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 23:51

beginners-movie-poster.jpgDes semaines que j'avais envie de le voir.

 

Des semaines que j'avais envie d'aller au cinéma, et je n'ai pas été déçue.

 

Je remarque de plus en plus combien il m'est difficile d'évoquer les films ou les livres qui me touchent vraiment 

 

Je n'ai jamais été une grande fan d'Ewan Mc Gregor, mais force est d'avouer qu'ici il m'a surpris, tout en douceur et retenue.

Et si Mélanie Laurent m'avait un peu irritée ces derniers temps avec l'omniprésence de son album, je l'ai retrouvée ici avec plaisir, oubliant totalement mon agacement.

 

Alors oui, c'est vrai, certains reprocheront certainement à ce film son rythme un peu étrange, le recours aux flash-backs, et peut-être même que certains s'ennuieront et n'y verront aucun intérêt.

Tant pis pour eux.

Moi, j'ai vu un beau film, doux-amer et drôle, poétique et sincère. Et fin.

A plusieurs reprises j'ai eu peur que cela ne dérape dans l'évidence ou la facilité; le terrain était glissant. Mais cela n'arriva pas.

Cela n'est pas un film renversant d'un point de vue strictement cinématographique, mais c'est vraiment interpellant.

Non seulement adapté de la véritable histoire du réalisateur, c'est aussi une histoire très contemporaine, qui peut trouver un écho chez chacun d'entre nous.

 

A voir et à revoir.

 

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 08:35

before sunset 01

 

48h.

 

J'aurais tenu 48h entre les deux.

 

En même temps, c'est un peu comme Le Parrain, si on laisse passer trop de temps entre les films la magie se casse et on est peu largué.

(j'avoue, j'avais commencé par taper "c'est un peu comme Le Seigneur des Anneaux" mais j'ai pas assumé)

(oui oui quand j'étais ado, j'avais lu tous les tomes, je voulais parler l'elfique et me marier au bel Aragorn)

(et ce bien avant qu'il n'ait le visage de Viggo Mortensen)

(je vous rassure, cette addiction est partie, l'âge aidant)

(sauf Viggo)

(mais je me suis rattrapée sur ce point)

(bref)

 

Soyons honnête, la magie n'est pas la même qu'à Vienne.

Mais d'un autre côté les héros nous touchent différemment, ils nous ressemblent plus désormais, empêtrés dans leurs vies d'adultes pleines de désillusions, de rêves, de petits échecs.

(je vous épargne la rituelle phase d'identification, soyez heureux)

(surtout quand elle pète les plombs dans la voiture/craque avec son chat/ment)

(admirez juste que j'ai qualifié ma vie d'adulte, en soi un exploit)

(totalement contredit par certains faits, mais qu'importe)

Et comme dans le premier opus, les dialogues sont très bien écrits, même s'il est ici davantage question de minaudage qu'auparavant.

 

Alors c'est vrai, on nous montre un (très) joli Paris (sous le soleil en plus): la Seine, un appartement de rêve au fond d'une impasse fleurie du 10ème, des raccourcis étranges pour qui connaît tant soit peu la capitale...

 

Mais franchement, à quoi bon bouder son plaisir?

 

Ça fait tellement de bien d'y croire... Et Julie Delpy est irrésistible...

(par contre, j'ai trouvé qu'Ethan Hawke vieillissait moins bien, le pauvre)

(et puis franchement c'est quoi cette chemise???)

(il peut remercier le passé, un tel faux pas est normalement éliminatoire)

 

Et cette chanson tellement belle:

 


 
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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 10:20

before-sunrise.jpeg

 

Encore un film culte que je n'avais pas vu.

 

Je suis encore sous le charme.

Comme eux sur le chemin du retour, j'ai le sourire aux lèvre.

Comme eux j'ai redouté la fin pendant tout le film, comme eux je voulais rallonger les heures, comme eux j'étais triste sur le quai de la gare.

(NLDR: mais je n'ai pas pleuré)

(et non)

(et oué, ça vous en bouche un coin, hein, je vous avais habitué aux grandes eaux lacrymales)

(et bien sachez que je suis une fille imprévisible)

(et pleine de contradictions)

 

Et comme eux je suis convaincue que c'est si beau justement parce que ça ne peut pas durer.

Qui a envie de voir Roméo et Juliette se disputer à cause d'une chaussette sale?

De voir la magie se dissoudre dans le quotidien? (poésie du soir, bonsoir)

Personne, je crois.

 

Ça aurait pu être un film romantique de plus, avec petite musique de fond, dialogues faciles et fin éplorée, mouchoirs compris.

Mais c'est juste terriblement beau de simplicité.

Bien écrit, plus complexe qu'il n'y paraît, dépeignant avec justesse la complexité des rapports homme/femme.

Je ne m'attendais pas à ce qu'ils aillent si loin dans leurs échanges. Sachant dès le départ qu'ils n'ont que quelques heures à passer ensemble (même si le sujet à proprement parler arrive tardivement sur le tapis), la glace est brisée d'elle-même, ils n'ont rien à perdre à être honnête puisqu'ils n'ont rien à craindre des lendemains. Et aucune peur à aller droit au but, la limite temporelle leur permettant de dépasser les leurs. Et de voir leurs sentiments exacerbés.

 

Ajoutons à cela un soupçon de nostalgie: la robe longue et l'immense chemise à carreaux de Céline (so 90s), les gueules d'ange d'Ethan Hawke et Julie Delpy (surtout lui, parce qu'elle est encore irrésistible aujourd'hui), la vie sans portable ni facebook...

 

Un film à voir et à revoir sans se lasser...

 

Je n'ai désormais qu'une hâte: voir la suite; même si je me doute bien que ce ne sera pas du même niveau.

En attendant: que personne ne me raconte la fin!

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 00:32

Je l'avais raté au cinéma.

Deux petites semaines à l'affiche, et puis s'en va...

Sort cruel des films confidentiels, qui ne rencontrent pas leur public comme on dit, à qui les bonnes critiques ne suffisent pas.

Et on les retrouve deux ans plus tard, en dvd à moins de deux euros... Tant mieux pour moi, même si ce prix me stupéfie et me glace à la fois.

 

Me voilà donc à la rencontre de Didine, plus de trois ans après sa sortie en salles.

Mais je ne le regrette pas, car je ne suis pas certaine que j'aurais apprécié et compris ce film de la même manière trois ans en arrière.

 

18876725.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20071217_102231.jpgAttachante Didine, qui se laisse porter par le courant de la vie, sans chercher ni à s'amarrer à la rive ni à ralentir ou accélerer sa course.

Pas d'ambition particulière, ni d'élans passionnés... Didine se suffit à elle-même, tout semble glisser sur ses plumes, comme si elle était étanche.

Si elle est complètement libre, on a l'impression qu'elle passe un peu à côté de sa vie.

(je vous épargne le processus d'identification qui s'est sournoisement mis en place comme d'habitude)

(comme dirait l'autre, "à l'insu de mon plein gré", il est important de le souligner)

(maintenant j'ai envie de me laisser pousser les cheveux, c'est malin)

 

Et petit à petit, de fil en aiguille, Didine va s'ouvrir aux autres, secouer sa tiède existence.

 

Sous des dehors plutôt banals, le scénario est vraiment subtil (signé Anne Le Ny, ceci explique cela), les tensions dramatiques sont bien équilibrées, entre comique (la fameuse scène de la pelle...), douce amertume et drame (sans jamais verser dans le pathos) (et non, je n'ai pas pleuré!)...

 

Surtout, ce film est porté de bout en bout par Géraldine Pailhas, pour une fois mise à l'honneur avec un premier rôle, et qui le rend bien au film: elle est vraiment Didine.

Tous les autres acteurs sont au diapason: Biolay que je n'avais jamais vu comme acteur est plutôt doué, Julie Ferrier toute en finesse, Edith Scob hilarante en vieille acariâtre...

 

Un film plus profond qu'il n'en a l'air, et qui soulève d'intéressantes questions...

 

Je laisse le mot de la fin à la redoutable Mme Mirpoix (alias Edith Scob):

"A force de ne pas savoir ce que vous voulez, vous n'aurez rien du tout ma petite!"

 

A méditer...

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 23:23

(ou la grosse claque dans ta gueule)

 

 

Animal-Kingdom-copie-2.jpgLes histoires de gangsters, comme les histoires d'amour, finissent mal (en général) (Al Pacino et De Niro sont passés par ici) (pour mon grand plaisir d'ailleurs) (repasseront-ils par là?) (facile, je sais, mais tellement tentant!).

Et pourtant, on a beau s'en douter, ils ont beau s'en douter, on ne peut pas s'empêcher de recommencer.

 

C'est comme une fatalité. On n'échappe pas à son destin.

C'est ce qu'apprend à ses dépens (du moins au début) le jeune J., qui a trouvé refuge chez sa grand-mère et ses oncles après l'overdose de sa mère. 

Ses oncles, c'est pas vraiment du genre qui fait rêver. Petites chemisettes, tongs, et dents de traviole, on est plutôt loin du mythe de la petite frappe sexy...

(cela dit il y en a quand même un qui n'est pas totalement à jeter)

(c'est le plus intelligent, c'est pour ça)

(l'intelligence rend sexy, qu'on se le dise)

(cela dit Demorand n'est pas franchement ultra-sexy)

Et même de la vie hors-la-loi telle qu'on nous la présente souvent: cocaïne, poules de luxe et night-clubs; là c'est plutôt cocaïne en famille dans le salon (devant maman, qui embrasse d'ailleurs tous ses garçons sur la bouche), voitures miteuses et virée au japonais.

 

Une vie presque banale, les tatouages (plutôt efficaces d'ailleurs pour la touche de sexytude) les flics et la peur en plus.

 

Mais résumer Animal Kingdom à un film de gangsters de plus ne serait pas lui rendre justice.

C'est une véritable tragédie, où il est question d'honneur, de folie, de sacrifice, de mort, de justice, de choix, de destinée... Sans jamais tomber dans un manichéisme pur et dur.

 

 

Rajoutons à cela que cette histoire est remarquablement filmée, que la  photo est superbe, la bande originale vraiment réussie, que les acteurs sont tous impeccables - du mutique Josh s'affirmant peu à peu à la grand-mère oedipienne qui devient peu complètement glaçante et angoissante, en passant par le flic idéaliste, sans oublier les oncles (mention spéciale au fou Pope) -, et le scénario vraiment bien ficelé (moi qui suis pourtant difficile, j'ai été en haleine jusqu'à la fin), et vous comprendrez pourquoi c'est à mon sens l'un des meilleurs films de l'année (oui je sais qu'on est même pas en juin, et alors?).

(et aussi que l'accent australient est vraiment charmant)

 

 

Un vrai bijou.

 

 

NDLR: il est judicieux de prévoir une clope/un carré de chocolat/les Bisounours en sortant du cinéma, jusqu'au coucher.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 22:05

affiche-la-conquete.jpg

 

On a souvent dit que les français étaient en retard sur la fiction politique, contrairement aux anglais ou aux américains qui n'hésitent pas à mettre en scène leurs héros politiques contemporains (Tony Blair, pour ne pas le citer), ou bien à imaginer des situations troublement proches de la réalité.

On a souvent dit que dans notre chère patrie on évoquait les hommes politiques après leur mort (De Gaulle, Mendès-France, Blum ou encore Mitterand).

Qu'on ne se risquait pas à dépeindre les destins de nos contemporains.

Alors pour une fois qu'un film retraçait la conquête à l'Elysée du président français, il fallait bien que je satisfasse ma curiosité!

 

Déjà, comme j'en avais eu l'aperçu avec la bande-annonce (même si je sais bien qu'il faut s'en méfier, j'ai du mal à m'en défaire), le casting est aux petits oignons: Podalydès (forcément) parfait dans un rôle pourtant casse-gueule, Florence Pernel enfin débarassée de son image de juge tf1esque (et oui, c'est dimanche soir) (et le dimanche soir on a le droit d'inventer n'importe quel adjectif), Hyppolite Girardot, Bernard Lecoq, etc etc... Pas un mot à redire, tout ce petit monde maîtrise tellement bien sa partition que c'en est troublant; et même pas irritant finalement puisque l'on se laisse porter par le côté romanesque de l'histoire.

 

Les dialogues sont très bien écrits, on rit souvent. Un petit bémol tout de même sur certaines répliques un peu trop artificielles à mon goût, notamment le: "Je ne pars pas sur un coup de tête, je pars sur un coup de coeur" de Florence-Cécilia (non mais franchement???).

La vulgarité des hommes politiques, comme la violence de leurs propos, est un peu surprenante pour le néophyte qui, comme moi, ne connaît rien aux us et coutumes politiques, et s'imagine gentiment que ces messieurs (car il faut être honnête mesdames, c'est tout de même plutôt machiste comme milieu...) expriment leurs pensées en des termes fleuris et recherchés, de par leurs loooongues études et leur statut d'élites de la France (à part Sarkozy, soit dit en passant). La palme revenant à Bernard-Chirac avec son: "Sarkoy sera mon dernier scalp".

 

Certaines scènes prennent un autre sens aujourd'hui, deux semaines après l'affaire DSK: répliques sur la frilosité de la presse française à publier certaines informations*, petits gestes trop appuyés envers les femmes... Détails qui seraient certainement passés au travers des mailles avant, mais qui ne laissent pas indifférent désormais.

 

 

Mais deux choses m'auront surtout marquée.

 

La première, c'est Florence Pernel qui a réussi à faire de Cécilia un être humain, avec des sentiments. Moi à qui cette femme donnait des frissons dans le dos, tant elle me semblait glaciale et hautaine, j'ai réussi à éprouver de l'empathie pour elle. N'allons pas jusqu'à la sympathie tout de même, mais j'ai été émue par ce personnage, touchée par sa détermination.

(en plus, on a toutes les deux pleuré le soir de l'élection, alors!)

(ne nous emballons pas non plus, j'ai écrit empathie, pas sympathie!)

 

La deuxième, c'est que la politique est une addiction, au même titre que le jeu ou tout comportement excessif. Finalement, j'ai l'impression que la fin importe plus que les moyens, que tous les moyens sont bons justement pour ariver au pouvoir. Et qu'après tout, peu importe le fond. La conquête de l'Elysée est dépeinte par le film comme une succession d'entretiens, de déjeuners feutrés dans des palais ministériels aux boiseries dorées, de stratégies qu'on croirait publicitaires, un véritable parcours intensif bien éloigné de la réalité... A un seul moment du film est évoqué un projet politique concret (le CPE de Villepin), la scène dure quelques minutes seulement. C'est un parti pri, sans aucun doute, puisqu'à mon humble l'avis l'ambition du film n'est pas de faire de la politique et dure.

Il n'empêche que je suis ressortie avec la désagréable impression que nos chères élites passent au final peu de temps sur les vrais problèmes (et ce à mon avis, pas qu'à l'UMP de Sarkozy), et qu'ils réfléchissent davantage à leurs stratégies presque meurtrières qu'à l'essentiel, la politique à l'état pur.

 

 

J'espère me tromper, mais ce constat a au moins l'avantage (après je l'avoue, un petit passage à vide "tous pourris" limite abstentionniste) (ce qui n'a jamais été ma philosophie jusqu'à ce jour) de raviver ma petite flamme citoyenne.

 

 

* je conseille à ce sujet l'article paru dans le Télérama de cette semaine: "L'affaire DSK ferait-elle évoluer les médias?"

(c'était ma minute Sciences-Po, désolée)

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:09

C'est pas parce que j'écoute Chris Isaack en boucle depuis une semaine,

Ou bien parce que je perds tout sens critique devant Al Pacino,

Ou encore que je me pâme devant des histoires d'amour nuisibles pour la santé,

Que cela signifie que je suis devenue complètement nouille, hein.

(juste un peu)

 

La preuve: dans Frankie & Johnny (après promis j'arrête) le petit vieux habitué de l'Apollo Café a joué dans Mulholland Drive.

(et si!)

(quand je m'ennuierais à en crever je le prouverai en images)

(et toc!)

Ce film est décidément plus profond qu'il n'en a l'air...

(voire a des pouvoirs divinatoires)

(pour qui sait les interprèter bien évidemment)

(je vous rassure, je suis d'ordinaire plutôt cartésienne comme fille)

(et oué)

 

Bref.

 

Mon esprit s'est tellement élevé qu'il est allé au Musée d'Orsay la dernière fois.

 

Bon.

 

La vérité c'est que j'adore les pré-raphaélites.

(en partie à cause des couvertures 10/18 des Jane Austen)

Et que j'étais encore sous l'emprise de mon délire patti-smithesque.

(c'est-à-dire avec une folle envie de déclamer du Rimbaud toute la nuit, toute la vie, en fumant des roulées, envie de faire des collages avec des plumes, d'avoir les doigts maculés d'encre, les cheveux longs et décoiffés...)

(délire, le mot était définitivement bien choisi)

Et qu'on m'en avait dit le plus grand bien.

(qui a dit que j'étais un faible esprit?)

 

Donc j'y suis allée (quel suspense) (je sais vraiment y faire, n'est-ce pas?), même si ne je connaissais que la peinture pré-raphaélite, et pas vraiment dans le détail pour être honnête (la faute à qui?).

 

Non seulement c'est une très belle exposition, mais comme tous les touristes vont s'agglutiner du côté de Monet, on peut prendre tout son temps, et même rester seul devant chaque oeuvre aussi longtemps qu'on le souhaite.

(pour les parisiens, c'est un atout de taille)

(pour les non-parisiens, non nous ne sommes pas des fadas)

(venez un samedi aprém au Grand Palais, et on en reparle)

 

Et non seulement c'est un plaisir inimaginable (voire même un luxe) de profiter de ce temps-là, mais en plus pour cette exposition c'est indispensable.

 

Se laisser embarquer par cette ballade (ouais je sais c'est facile mais en même temps c'est le mot le plus approprié) (et re-toc) à la fois surannée et tellement moderne, tellement spontanée alors qu'on la sait artificielle (ah, les pauvres modèles qui devaient poser pendant de loooongues minutes) (tout ça pour un résultat bluffant de naturel), se laisser envoûter par la magnétique Jane Morris... ça n'a pas de prix.

 

  im00171   im00239.jpg          

jane_morris8.jpg            jane-morris-seated.jpg

 

Courrez-y!

(jusqu'au 29 mai)

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