Les vampires, je suis tombée dedans quand j'étais petite.
Seconde moitié des années 90, c'est les vacances. Ma mère me rapporte de la bibliothèque où elle travaille des VHS par dizaines, et un jour, le voilà: Dracula. Le film de Coppola n'a alors que quelques années et me marque à tout jamais.
Les décors gothiques à souhait, le brouillard, l'obscurité, la séduction troublante d'un vampire au romantisme sulfureux plus attirant que le jeune Keanu Reeves, je me rêvais en Mia-Winona, ensorcelée, presque damnée.

Puis, après quelques mois passés à jouer frénétiquement à Dracula, le jeu sur CD-Rom (!) et à rêver de Transylvanie, les années Buffy. Les vampires me semblaient bien laids, mais continuaient de me fasciner - et puis bon, Angel, le mythe du mec compliqué à souhait, l'histoire impossible, tout ça.

Quinze ans plus tard, nouveau choc cinématographique: Only lovers left alive, de Jim Jarmusch avec la magnétique Tilda Swinton. De Detroit à Tanger, les tourments existentialistes et esthétiques d'un couple de vampires âgés de milliers d'années. L'atmosphère rock'n'roll, la BO ensorcelante, le charisme envoûtant de ces Adam & Eve millésimés... j'avais envie d'être, moi aussi, vampire, à Tanger.

Et puis, cet automne, la découverte de True Blood. Les rebondissements rocambolesques ne sont pas sans me rappeler Buffy, mais les dialogues sont désopilants (Dieu bénisse Lafayette); je commence à délaisser Tanger pour la Louisiane, Gary Oldman pour un Viking nommé Eric Northman.


(le viking lit)