
A l'âge des premiers choix, à l'âge où être du bon côté de la barrière est la chose la plus importante, Lady Bird sait ce qu'elle veut, à commencer par ce nom qu'elle s'est choisi au lieu du prénom que lui ont donné ses parents.
Lady Bird est une jeune fille en pleine révolution, comme les planètes. Avide de se frotter à la vie, celle qui l'attend loin de Sacramento, elle ne peut faire autrement qu'être elle-même. Une idéaliste qui refuse de laisser une réalité pragmatique décider à sa place.
C'est le récit de la dernière année de lycée, avec tous les passages obligatoires que cela comporte. Sauf qu'ici la beuverie dans l'immense maison avec piscine, les premières fois, le bal de promo, prennent une couleur différente, vibrent d'une intensité particulière, aussi singulière que Lady Bird elle-même.
C'est le récit d'une relation complexe entre une mère et sa fille, ses conversations impossibles et ses malentendus, ses rapprochements fugaces et ses grands froids. Une complexité rendue sensible par ses interprètes, Saoirse Ronan aka Lady Bird, superbe entêtée, Laurie Metcalf qui joue sa mère, bouleversante dans ce rôle difficile d'une mère à la fois insupportable et touchante, et le père, Tracy Letts, plus vrai que nature.
C'est le portrait sensible d'une jeune fille en devenir, au seuil de sa vie. Une jeune fille particulière à qui Greta Gerwig permet d'exister sans elle. Un très beau personnage, complexe et foisonnant, irritant et attachant, dont la force est inspirante.
Avec Sacramento qui défile derrière le pare-brise.
