Lectrice de poésie depuis peu, lectrice du dimanche plutôt car la poésie embellit ces après-midi d'hiver, je n'avais pas été touchée de la sorte jusqu'à la lecture d'Ariel.
L'écriture de Sylvia Plath est à vif, crue, violente et sans pitié, ses vers tendus et désespérés. Abeilles, reines et déesses, fleurs voraces, prédateurs, carnivores, autant de créatures mystiques qui se débattent à la lumière d'une aurore blanche et froide. L'angoisse affleure sous la poésie; certains poèmes furent écrits quelques jours à peine avant que Sylvia Plath ne se donne la mort.
Ces poèmes ne sont pas de ceux qui adoucissent les fins d'après-midis.
Ariel ne laisse pas indemne, il vous retourne, vous interpelle, vous malmène, mais surtout vous rappelle que vous êtes en vie.
"C'est donc cela, la mer, cette immensité hors d'usage.
Le cataplasme du soleil ne peut rien contre ma brûlure.
Dans l'air fusent les couleurs électriques de sorbets
Puisées dans la glace par les mains gercées de filles blêmes.
Pourquoi est-ce si calme, que veut-on nous cacher?
J'ai mes deux jambes et le sourire pour avancer."
(premiers vers de Berck-plage)