A l'heure des Oscars où il faisait partie des favoris, il n'est peut-être pas de bon ton de l'assumer, mais voilà je ne peux pas me taire: je n'ai pas aimé Django.
Je l'attendais pourtant depuis longtemps, avec un plaisir impatient, "le dernier Tarantino". La B.O. serait d'enfer, les dialogues incisifs, les acteurs au diapason, le sang giclerait à outrance, la violence me sauterait à la figure, et du fond de mon fauteuil je jubilerai.
Il n'en fut rien. Pour la première fois, j'ai trouvé le temps si long que je ne tenais plus en place à la fin et ai même failli m'endormir!
Dès les premières minutes j'ai senti que ça ne marcherait pas. Je ne parvenais pas à rentrer dans le film, je trouvais tout trop articiel, too much; et pendant le film entier je suis restée à la porte, à toquer sans succès.
Les acteurs sont au diapason pourtant: Christoph Waltz est exquis en gentleman aux manières désuètes tout en étant capable de la violence la plus impitoyable, Jamie Foxx parfait en héros charismatique, DiCaprio génial en propriétaire terrien malsain, et Samuel L.Jackson excellent en vieux domestique horripilant.
La mise en scène est réussie, il n'y a pas de doute là-dessus (à part les scènes où Django voit son épouse apparaître, provoquant chez moi une irrépressible envie de rire à gorge déployée), les paysages de western sont à couper le souffle (et donnent envie de tailler la route, aussi); et ça fait du bien de voir un film américain traiter de l'esclavage, ce qui n'est pas si courant.
Mais il m'a semblé que la mécanique tournait à vide. En plus d'un problème de rythme (au moins une demi-heure de trop au montage), et une B.O. décevante, j'ai eu l'impression que Tarantino se satisfaisait des recettes qui ont fait son succès, qu'il n'allait pas au-delà de ses propres codes, voire même qu'il se regardait filmer, et cette suffisance m'a passablement énervée.
Ma déception était sans doute à la hauteur de mon attente, mais je ne comprends toujours pas l'encensement qui a accompagné la sortie de ce film.
Il serait temps de bousculer ses habitudes, cher Quentin.