En bonne dernière (comme souvent), j'ai récupéré Etoiles hier en fin d'après-midi.
Par chance, j'avais appris par mes comparses qu'il était vraiment court. J'en suis effectivement venue à bout en cumulant deux trajets en métro, un café en terrasse et quelques minutes dans mon lit avant d'aller me coucher.
Bon.
J'avais également cru comprendre que mes comparses ne l'avaient pas trouvé très bon voire niais, donc j'avais quelques a prioris, et surtout je crois m'être légèrement conditionnée pour une lecture mineure.
Bon.
A la cinquième page, j'avais compris avant ce pauvre Gaspard que sa femme ne serait pas seule dans leur lit.
Au bas de la cinquième page j'avais envie de hurler: "C'était bien sa veine, de tomber sur une blonde intelligente"... ???
Vers la dixième page, je me demandais si Simonetta Greggio ne serait pas le nouveau pseudo de Marc Levy: "Gaspard était un gentil garçon un peu sauvage [...] bourru, toujours en manque de tendresse, [il] se retrouvait ainsi le plus souvent aux côtés de leurs mères."
Quelques pages plus tard, les "cristaux" du miel de sa tartine luisant "autour de ses lèvres et sur sa barbe naissante", j'ai compris: Etoiles était en réalité le prochain film de Guillaume Canet.
Avec lui-même dans le rôle principal du héros mal-aimé, bourru au grand coeur qui-se-fait-toujours-avoir-mais-finira-par-rencontrer-le-véritable-amour, véritable amour qui lui permettra bien évidemment de retrouver le vrai sens de sa vie, lui qui s'était perdu en chemin du côté des blondes (intelligentes si vous suivez bien) et des 4x4 rutilants.
Pour lui donner la réplique, dans le rôle de la pauvre-petite-femme-enfant-vulnérable-qui-s'enferme-dans-sa-coquille-mais-finira-par-rencontrer-le-véritable-amour (avec le bourru au grand coeur si vous avez bien suivi), véritable amour qui lui permettra de retrouver l'appétit de croquer la vie à pleines dents, je donnerais le rôle à notre Audrey Tautou nationale, comme ça on pourrait reformer le superbe couple du transcendant Ensemble, c'est tout - pourquoi se compliquer la vie?
Pas besoin de faire de repérages, le Luberon est l'endroit qu'il nous faut. Pour les seconds rôles, les copains des Petits mouchoirs seront tellement contents de remettre ça qu'avec un peu de veine on n'aura même pas besoin de les payer. Il faudra peut-être rajouter quelques flash-backs sur le passé de Stella, histoire d'en mettre plein la vue à nos glandes lacrymales. Et soigner la B.O., bien évidemment.
Vous l'aurez compris, j'ai lu Etoiles comme on regarde un téléfilm de la 6 un après-midi de désoeuvrement: un pot d'Häagen-Dazs à la main, commentant les scènes les plus ridicules, riant des situations les plus niaises, devinant à l'avance le déroulement de l'action (terriblement prévisible que c'en est presque indécent).
Par contre, j'avais après une furieuse envie de sud, et aussi très faim.