Cinq ans après tout le monde, j'ai découvert Millenium.
(le film, pas le livre)
(ne me jetez pas de tomates)
(qui ne s'est jamais dispensé de lire un ouvrage au profit du film?)
(...)
(voilà)
(merci)
Bien sûr dans mon entourage beaucoup l'avaient lu, mais j'avais décrété que ce n'était pas pour moi.
(mon amour du contre-courant, sans doute)
(à moins que ce ne soit une certaine affectation qui me prend parfois, les soirs de pleine lune)
(en même temps à chaque fois que j'ai essayé de lire un opus encensé, la moutarde finissait par me monter au nez)
(la déesse Amora, c'est moi)
(c'était la minute hommage à Goscinny)
On m'avait alors raconté toute l'histoire, avec force détails - puisque ça ne m'intéressait pas, que je ne le lirai jamais, tout ça.
Grâce à Dieu
(NON!)
(ne jamais, jamais, JAMAIS blasphémer!)
(Dieu me pardonne)
(oh mon Dieu j'ai recommencé, je vous jure de ne plus jamais recommencer)
(ou alors en anglais seulement?)
(STOP!)
J'ai même vu les premier et dernier quarts d'heure de la version suédoise, l'entre-deux m'ayant fait sombrer dans un sommeil aussi lourd qu'instantané.
Heureusement pour moi, j'avais tout oublié.
Quelle mouche m'a donc piquée, ce soir-là, vous demandez-vous alors?
(à raison)
(si toutefois cette question mérite débat)
Les phéromones, pardi! (encore elles? Caramba!)
Ayant compris et admis que tous mes actes, aussi libres me semblaient-ils, étaient en réalité guidés par des instincts de reproduction primaires (soit à l'insu de leur plein gré par des substances invisibles, faisant écho à une malchanceuse fable virenquienne, NDLR), j'ai opté pour la transparence (c'est à la mode en cette période électorale, m'a-t-on dit) et décidé d'assumer la primitivité de mon être.
La mouche qui m'a piquée ce soir là se prénomme donc Daniel Craig.
Daniel qui, il y a quelques années déjà (oui, on a un passif avec Daniel), m'avait charmée en James Bond viril et violent (mais de smoking vêtu), m'a chavirée en journaliste d'investigation (et oué, moi aussi j'ai lu l'article de Télérama, d'où ce terme ad hoc) (oh mon Dieu je suis un vrai cliché) (j'avoue ne pas trop savoir si cela doit m'amuser ou me désoler) équipé de jolies lunettes d'intello branché-mais-pas-trop, de gilets en grosse maille savamment déboutonnés et de gracieuses petites rides bien placées (les soucis, la combativité, la poor lonesome attitude, tout ça)...
Pile-poil ce dont j'avais besoin un lundi soir.
C'était sans compter Rooney Mara, alias Lisbeth Salander pour ceux qui seraient passés au travers des innombrables d'interviews publiées à la sortie du film.
Je n'ai donc pas découvert une parfaite inconnue, j'avais ma petite idée...
Idée bien en deçà de la force dégagée par ce personnage atypique qui aurait pu ne pas être crédible du tout, voire même ridicule, si on lui avait attribué une autre interprète.
Ajoutez à cela un scénario aux petits oignons, un montage haletant, la mise en scène de Fincher, et le sort est jeté!
Vous voilà un(e) vrai(e) gamin(e), mourrant d'impatience de voir la suite...
Bienvenue au club.