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Les humeurs de Violette
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Pollution télévisuelle

Pollution télévisuelle

Etant donné que je suis en pleine régression (à l'heure qu'il est j'écoute encore Lynda Lemay, je ne me l'explique pas, c'est atroce, je ne peux pas m'en empêcher, je ne comprends pas ce qui m'arrive), c'est sans grande surprise que je me suis vue allumer ma télévision pour regarder Stéphane Bern.

Je sais, je sais, je sais.

Mais est-ce ma faute à moi si (presque) tout le monde est en vacances? S'il ne fait pas beau? S'il n'y a rien au cinéma? Si mon cerveau en miettes a du mal à se concentrer sur ma lecture du moment? S'il n'y a rien d'autre à la télé?

Voilà comment on échoue devant "Secrets d'Histoire, Diane de Poitiers".

Et comment on repart plus de dix ans en arrière (avec en prime un gros coup de vieux en pleine face).

Qu'est-ce que je les aimais alors, les histoires d'amour de la Renaissance! Je connaissais toutes les anecdotes histoires  des châteaux de la Loire (plus passionnantes à mon goût que les escaliers à double révolution), les passages secrets permettant aux amants de se retrouver à l'insu de tous... Ma préférence allant à Cassandre et Ronsard, les amoureux contrariés (comme toujours avec les poètes j'ai l'impression)...

Bref, je me laissais bercer par Stéphane, me remémorant mes fantasmes d'adolescente, prenant conscience de ce temps qui s'était envolé sans que je m'en rende compte (philosophie du mercredi soir, bonsoir), quand j'ai été choquée par des images d'une violence sans précédent.


Des reconstitutions.

Si si.

En costumes, avec de vrais comédiens, et tout.

"Diane de Poitiers avait une réelle influence sur le roi, c'était une femme d'affaires avisée; ils passaient chaque après-midi une à deux heures à discuter des affaires du royaume" (mon oeil).

Et là, on voit donc Henri II assis sur un fauteuil, Diane lui tournant autour, la tête penchée, l'oeil perçant (parce que c'est une femme d'affaires aiguisée, rappelez-vous) - gros plan sur l'oeil perçant de Diane.

Ou bien encore "Henri II venait parfois passer quelques jours dans le château de Diane. Pendant son séjour, il ne quittait pas la chambre, se faisait servir au lit, ce qui ne lui plaisait pas à elle, qui en outre se lavait tous les jours à une époque où cela ne se faisait pas." (soit dit en passant, il s'agit là d'une information capitale)

La preuve en images: Henri II plaque Diane sur son lit (ambiance téléfilm érotique du dimanche soir sur M6), elle le repousse gentiment et se réfugie dans son cabinet de toilette.


Tout cela avec une photo digne d'AB Productions.

Mais n'égalant pas encore "Faîtes entrer l'accuser", Dieu soit loué.

 

Je ne comprends pas bien les producteurs, j'imagine leur réunion préparatoire:

- "Alors là ce serait bien d'avoir un plan avec Stéphane dans les allées du jardin de Chenonceaux, et on enchaînerait avec la rivalité entre la Médicis et Diane;

- Et si on utilisait des comédiennes pour l'illustrer au lieu des reproductions de tableaux?

- Ah ouais, Bernard, excellente idée. Ex-ce-llente idée vraiment. Tu iras loi, Bernard, c'est moi qui t'le dis" (ok là je spécule totalement).

 

Sauf que non Bernard, c'est pas du tout une bonne idée.

 

Surtout quand on choisit Marie Quillouch pour jouer Diane de Poitiers.