Difficile de ne pas être agacée par la présence si épidermique de Violette, être blessé qui ne peut s'empêcher de s'accrocher à ceux qu'elle croise, être mal-aimé qui ferait n'importe quoi pour que cela change et qui, comme un critique littéraire le décrit si justement, transforme l'être aimé en bourreau.
Pleurant, geignant, suppliant, se lamentant, Violette agace, Violette irrite, mais en même temps fascine. Ce destin qui prouve la puissance de la littérature, sa dimension salvatrice, est fascinant. On a déjà vu de nombreux films tâchant de décortiquer le mystère et la force de l'écriture, cet aspect du film est totalement réussi.
Emmanuelle Devos parvint à convaincre dans la peau de cette femme torturante et torturée - bien qu'on ait du mal à la croire quand elle se trouve si laide, Sandrine Kiberlain est bluffante en Simone de Beauvoir, Olivier Gourmet est délicieux et quel bonheur de retrouver Jacques Bonnaffé!
Malheureusement le film a un gros problème de rythme. Au scénario comme au montage, Martin Provost a du mal à faire le tri, son film est trop long et bancal, encombré de scènes inutiles qui finissent par le desservir. Dommage car la promesse était belle.
Il me reste surtout l'envie de découvrir sans plus tarder l'oeuvre de Violette Leduc, dont on nous parlait si peu jusqu'à la sortie de ce film. A toute chose malheur est bon!