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Les humeurs de Violette

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Les adieux à la reine

Les adieux à la reine

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Les bonnes choses ayant une fin, j'ai mis un terme à ma vie d'Amish.

Devant le cinéma, prise d'une soudaine euphorie à l'idée de bientôt me retrouver dans la salle obscure et le moelleux des fauteuils rouges au bout de trois longues semaines d'abstinence, la pluie froide aidant, j'ai failli me laisser tenter par Julie Delpy.

Et puis je me suis dit que pour des retrouvailles il me fallait du sublime, du grand art, et me suis donc résolue à attendre dix minutes de plus sous mon parapluie léopard.

 

Inutile de préciser que je n'ai pas regretté mon choix.

(même si je viens de le préciser en le niant)

(soit dit en passant)

(bref)

 

Les adieux à la reine est le plus beau film que j'aie vu depuis longtemps, et l'un des plus beaux films que j'ai vu tout court.

 

La photo, d'abord, y est extraordinaire. Plein soleil, lumière blafarde de l'aube, luminosité sourde des matins gris, toutes ces nuances sont traitées de manière picturale dans chaque scène, et à plusieurs reprises on se croirait presque dans un tableau de Vermeer.

 

La mise en scène, ensuite, est saisissante. Qu'ils sont beaux ces plans où l'on voit Sidonie courir dans les couloirs de Versailles à travers une enfilade de portes semble-t-il interminable! Qu'elle est bien menée cette scène dans la gondole, si touchante et moderne celle où Sidonie et sa compère chantent et dansent dans un château vide! Quel bonheur surtout de retrouver enfin un vrai travail de mise en scène, si intelligemment exécuté!

 

Et puis il y a les acteurs. Tous, sans exception, sont excellents. Des courtes apparitions (ah, Dominique Reymond...) (ah, Michel Robin!) aux rôles plus conséquents (exquise Noémie Lvovsky) (et la belle Virginie Ledoyen qu'on adore détester). Et bien évidemment Léa Seydoux (que je voyais au cinéma pour la première fois, bien qu'elle soit constamment à l'affiche depuis des mois), sa moue, son air buté, son attachement presque primitif à la reine... Je comprends mieux pourquoi tout le monde veut la faire tourner.

Mais celle qui m'a le plus impressionnée, c'est Diane Kruger. Pour moi, jusqu'à présent, Diane Kruger était: 1/ l'ex-femme de Guillaume Canet; 2/ la seule actrice à se maquiller et à se coiffer elle-même pour ses sorties sur tapis rouge (respect); 3/ la nouvelle petite copine de Pacey (de Dawson, NDLR). Réducteur sans aucun doute, mais il faut dire que ses rares apparitions cinématographiques ne m'avaient guère convaincue. Ce soir, j'ai été bluffée par son jeu tout en nuances, dans ce rôle de reine pas vraiment sympathique, capricieuse et égoïste, agaçante et attachante en même temps, fascinante et charismatique. 

 

Je pourrais continuer des heures je crois, évoquer la sublime musique (signée Bruno Coulais), les décors et costumes somptueux (la belle rayure rebrodée de fleurs de Sidonie m'a fait rêver pendant tout le film) (je veux la même) (et la chemise de nuit de Marie-Antoinette aussi), le cahier d'atours de la reine...

Et tout ce que ce film révèle sur Versailles et les moeurs absurdes de la cour, sur cette tension des derniers jours, cette panique, ce fin de règne...

 

J'ai déjà envie de le revoir.