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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 09:20

 

Les deux premiers épisodes m'ont laissée dans un drôle d'état. Happée, sans conteste, mais aussi saoule d'émotions, et un peu dubitative: n'était-ce pas trop facile de tirer ainsi sur la corde de nos sentiments?

Il faut croire que non, puisque quelques jours plus tard je regardais les épisodes 3, 4 et 5. Il faut croire aussi que j'ai depuis développé une espèce d'addiction à ces émotions dont je me repais régulièrement maintenant, des émotions qui m'emportent sur les épaules des Pearson et me bouleversent.

This is us est remarquablement juste, sensible et intelligente. L'exercice était pourtant périlleux. Les aller-retours et parallélismes entre présent et passé caractéristiques de la série (un procédé judicieux qui met en évidence l'intemporalité des questionnements de nos vies humaines tout en injectant suspense et tension) soulèvent des thématiques personnelles et sociétales aussi diverses que le racisme, l'adoption, l'obésité, les frustrations, l'épanouissement, le travail, l'éducation, l'amour, la mort... La vie en somme, à vous en retourner et crever le coeur à l'envi.
La moindre réplique, le moindre plan, chaque enchaînement, de l'écriture au montage, sans oublier l'interprétation, tout est maîtrisé et pertinent.

Bien évidemment il ne s'agit pas d'une famille banale (avec des triplés, dont un adopté, comme point de départ), mais les émotions des Pearson sont universelles, et chacun s'y retrouvera.
On pensera parfois que le mélo est un peu trop présent, que tout est si poignant que c'en est écoeurant, voire suspect. Mais quelle famille ne connaît pas de petits et grands similaires? La famille est mélodramatique par essence. Les relations complexes entre ses membres, les névroses et les non-dits n'épargnent personne.
C'est bien là la force de This is us.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 13:36

 

L'ouverture nous laisse sans souffle. Les scènes nous mettent à mal et s'enchaînent de plus en plus vite, le montage accentue cette accélération, la lumière, les sons, la (géniale) musique nous agressent, on manque d'air.

Le ton est donné.

Nerveux.
Electrique.
Déjanté.
Et en cela jubilatoire.

Le scénario, complètement dément, comporte des répliques et rebondissements aussi insensés que jouissifs, qui ne sont pas sans rappeler d'autres frères du cinéma (mais rapporter le talent des Safdie à celui des Coen serait injuste et réducteur).
Les personnages déjantés sont plus vrais que nature: Robert Pattinson, évidemment (qu'il est loin le playboy Dior), plus que perturbant en petite frappe manipulatrice, doucereuse et inquiétante; Jennifer Jason Leigh, vieille petite fille riche et fêlée qui nous retourne au premier regard; Buddy Duress, gueule cassée de looser pathétique (mais tellement drôle); jusqu'à l'éducateur de Nick qui ouvre le film et donne le ton de cette galerie d'iconoclastes.
Les décors (Adventureland en tête, jusqu'au moindre fast-food) sont terriblement bien choisis, tout comme les costumes.

Au milieu de cette course folle, quand on peut reprendre son souffle, quand on ne rit pas (car on rit beaucoup devant Good Time, et heureusement d'ailleurs, sinon on s'effondrerait de tant de noirceur), le désespoir, la misère affleurent, au détour d'une chambre d'hôpital où une vieille dame se meurt, dans le salon d'une maison miteuse où une femme pas si vieille mais édentée, abimée prend ses somnifères quotidiens, à la porte de ceux qu'on n'hésite pas à réveiller en pleine nuit, lampe de poche braquée en pleine face.

Mais le sprint reprend, et les frères Safdie (comme nous) prennent un malin plaisir à faire détaler Connie dans un New-York qu'on ne voit pas souvent. La photo, étouffante et contrastée comme dans un jeu vidéo (superbes scènes à Adventureland ou encore dans cette chambre du Queens éclairée à la seule lueur d'un écran de télé neigeux) et la mise en scène pleine de génie exacerbent le sursis de Connie: il s'essouffle dans une course perdue d'avance. Quand on le voit courir d'en haut au milieu de rampes bétonnées, comme une balle de flipper, on sait que tout est perdu (très belle scène à la fin du film).

Faux polar, vrai film noir.
Jubilatoire.

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 09:37

 

Vivian Maier.
Miss Maiers.
Vivian Meyer.
Viv.
Miss V. Smith aussi, parfois.

Autant de noms que de facettes de cette femme pas banale dont John Maloof acquit des centaines de photographies par hasard, aux enchères, quelques temps à peine avant sa mort. Des photographies, mais aussi des négatifs, des chapeaux, des reçus, de vieux tickets de bus, des coupures de journaux, le tout par centaines et contenu dans une multitude de boîtes.

L'histoire est désormais connue. Maloof découvrit le caractère exceptionnel du travail de Vivian Maier et s'efforça de reconstituer sa vie et de faire connaître au monde cette oeuvre si forte et singulière.
C'est ce travail de découvertes, d'enquête que retrace ce documentaire prenant et fascinant (et preuve de l'immensité de la tâche abattue par John Maloof). Impossible d'en dire plus sans déflorer les révélations qui seront faites sur Vivian Maier, mais le montage intelligent, le suspense de cette quête presque enquête (qui m'ont rappelé le très beau Sugar Man), l'esquisse sans fards d'une femme complexe et touchante nous tiennent en haleine sur les traces de Vivian Maier.

Personnalité singulière sans conteste, abîmée aussi, très certainement, figure émouvante et ambiguë, pleine de secrets et de manies, qui possédait un don véritable pour observer ses confrères humains, personnage rêvé de roman auquel je m'attaquerais avec délices si je m'appelais Joyce Carol Oates.

 

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 08:20

 

Le Sud, sa beauté vénéneuse, empoisonnée par le sang des esclaves et la haine du KKK lyncheur.
Le Sud, sa végétation luxuriante, envoûtante comme l'imposant magnolia des Pays lointains de Julien Green.
Le Sud, ses moeurs surannées, ses crinolines d'un autre temps et ses maisons blanches démesurément grandes où tinte encore le faste passé.
Le Sud, en vert et blanc comme la célèbre robe d'un fameux pique-nique.
Le Sud, machine à fantasmes des sensualités et sentiments bridés, terre de passions troubles comme la brume emmêlée dans les arbres noueux de la forêt que traverse, chantonnant et panier au bras, véritable petit chaperon, la petite Amy dans la première scène du film.

A l'intérieur comme à l'extérieur de la maison, toutes les scènes semblent un peu troubles, comme le verre sale de la vitre à travers laquelle les pensionnaires regardent Miss Martha échanger avec la patrouille. La lumière n'est jamais franche - blanc laiteux la journée, doré faussement chaleureux de la lueur des lampes à pétrole le soir; une magnifique photographie, à mi-chemin entre David Hamilton et Sarah Moon, qui confère au film sa beauté asphyxiante et tourmentée. Une esthétique accentuée par des plans très léchés et graphiques: ciels envahis par les noires circonvolutions des branches, lignes d'horizon entre chien et loup où les sombres fumées du front s'accrochent à la cime des arbres - de véritables photographies. Les prises de vue lointaines, en dehors, renforcent le sentiment d'étouffement lent et toxique. Comme depuis une planque, on espionne en voyeur la grande maison blanche, cernée d'immenses bois noirs, repliée derrière sa grande grille de fer rouillé, demeure fantomatique ou de conte de fées dont l'accès nous serait interdit.

Le lieu parfait, isolant et isolé, propice à cet ennui cher à Sofia Coppola - un ennui précipitateur de passions. C'est le caporal John McBurney qui en fera les frais, recueilli (ou bien échoué comme Ulysse?) dans ce pensionnat de jeunes filles tenu vaille que vaille par la rigoriste Miss Martha - incarnée par une Nicole Kidman qui excelle dans cette partition de désirs refoulés.

La présence du mâle va semer le désordre et la confusion sous ces latitudes féminines. Des plus enfantines à la timide Edwina (Kirsten Dunst toute en retenue et sentiments contrariés) jusqu'à Miss Martha elle-même, sans oublier les provocations adolescentes de la jeune Alicia (délicieuse Elle Fanning qui nous prouve qu'elle a bien plus de cordes à son arc que celui de la jeune ingénue - hâte de voir ce que nous réserve la suite de sa carrière) en prise avec les émois de son âge, toutes n'auront de cesse de se disputer les faveurs du yankee, campé par un Colin Farrell qui tient là enfin un vrai rôle, tout en contradictions apparentes et ambiguïtés.

Il est rare de voir le désir féminin se manifester de manière si explicite au cinéma (ou ailleurs d'ailleurs). Un désir charnel, que l'on ne vient pas encombrer de sentiments artificiels et banals censés l'atténuer, amoindrir sa force, voire le justifier. Car il est bien question de chair ici - la scène où Miss Martha lave le caporal inconscient en est la manifestation la plus évidente, une scène d'un érotisme non dissimulé.

Les Proies est bel et bien signé Sofia Coppola: désoeuvrement, enfermement, isolement, libertés et désirs réprimés, communeauté de filles, esthétisme assumé, voire revendiqué avec le choix de la police du titre qui ouvre le film. Edwina derrière sa fenêtre n'est pas sans rappeler Charlotte derrière la baie vitrée de son hôtel tokyoïte, les jeunes sudistes du pensionnat sont les cousines éloignées des soeurs adolescentes de The Virgin Suicides, Lux semble même habiter la jeune Alicia... Les similitudes sont nombreuses, et les héroïnes semblent se faire écho et se refléter les unes dans les autres à l'infini.
"Je suis une fille" dit l'une des jeunes élèves au début du film, une phrase de leçon qui prend a posteriori des allures de clin d'oeil que Sofia Coppola semble s'amuser à semer au cours de son dernier opus.
Mais en faisant passer le flambeau de la fougue adolescente de Kirsten Dunst à Elle Fanning, en faisant grandir son héroïne, Sofia Coppola aurait-t-elle bouclé un cycle?

 

 

 

 

 

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 20:59

 

C'est une histoire vieille comme le monde.

Une fille dont la mort laisse le monde indifférent (au point de se commander des cafés dans la chambre d'hôtel où elle est morte), un homme d'affaires richissime, influent et intouchable, un témoin gênant, un flic obstiné, une chanteuse fatale et des milliers de cigarettes.

Sauf qu'on est au Caire, à la veille de la révolution.

Le visage de la morte s'étale sur de gigantesques panneaux publicitaires, l'homme d'affaires s'affiche, souriant, les bras croisés, au bord des routes et dans tous les journaux, le témoin, une jeune femme de ménage soudanaise, ne compte pas se laisser faire, le flic touche des pots de vin à chaque coin de rue, la chanteuse fatale trébuche du haut de ses talons à plateforme, et les cigarettes, des Cleopatra, viennent à manquer.

Les histoires se télescopent et, si au départ le chemin est balisé, on finit par ne plus savoir où l'on va, désorienté par les détours inattendus, envoûté par une bande originale aux vapeurs toxiques, rattrapé par l'Histoire et écoeuré d'une humanité si souvent laide.

 

"Tu te crois en Suisse?"
demande au flic l'intouchable influent.
"Il n'y a pas de justice ici."

 

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 09:54

 

 

A Monterey, banlieue friquée de la Silicon Valley, des itinéraires de femmes qui se croisent, se rencontrent, se soutiennent, se heurtent aussi, parfois. Au second plan, une intrigue policière dont la victime et l'assassin ne seront révélés qu'au dernier épisode.

 
Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Le lisse est toujours plus rugueux qu'il n'en a l'air, le laid se cache souvent le beau, les aspérités sous la perfection... En plus la fin se laisse deviner bien avant le dernier épisode.
 
Et pourtant.
 
Peu importe que rien ne soit vraiment nouveau; le regard posé dessus l'est.
La tension monte, l'étouffement aussi, intensifiés par la répétition implacable d'un quotidien qui accable les personnages. Ballet de la dépose des enfants à l'école, footing de Jane, café du matin... Une mécanique bien huilée dont la perfection est exacerbée par la beauté des décors (qu'il s'agisse de la nature comme des maisons des personnages), des acteurs, par l'esthétique des plans et du montage intelligent.
Ce monde privilégié qui fonctionne en vase clos favorise, comme une formule chimique, la formation de précipités de jalousies, rancoeurs et autres médisances au service du scénario (pour notre plaisir coupable, on doit bien l'avouer).

Au-delà de l'intrigue, cet environnement fermé permet aux personnages féminins de prendre toute leur ampleur. A première vue tout paraît si évident, presque téléphoné, et puis non. Petit à petit chacune se dévoile, dans une complexité rarement autant développée et nuancée dans les fictions.
On comprend au fur et à mesure les renoncements, les compromis de leurs vies de femmes.
 
Serait-ce là le vrai sujet de Big Littles Lies? Des vies de femmes bien réelles, pour qui être mère ne suffit pas, ne suffit plus (oh, le beau réveil de Celeste lorsqu'elle revêt à nouveau son costume de professionnelle!), ou dont les postes à hautes responsabilités soulèvent d'autres questions (le personnage de Renata est de ce point de vue particulièrement intéressant et complexe), des femmes dont les amitiés inconditionnelles sont autant de formes de résistance et d'amour aussi, en un sens.
 
Oui la fin est peut-être un peu trop belle pour être vraie - mais après tout pourquoi pas? On nous a tellement habituées, depuis notre naissance, à envisager toutes les autres comme des rivales, des ennemies, que la sororité nous paraissait jusqu'il y a peu presque suspecte.
 


 
 
 
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 09:42

 

Aurore a une cinquantaine d'années.
Elle à qui sa mère lui avait dit qu'elle devenait une femme le jour de ses premières règles se demande ce qu'elle est maintenant que celles-ci ont disparu. 

Aurore a des bouffées de chaleur.
Aurore va être grand-mère.
Aurore quitte son travail et peine à en retrouver un autre.

Ne pas se laisser aller, ne pas désespérer, résister à la pression de la société qui préférerait vous voir disparaître.

On n'a pas l'habitude de voir des femmes de plus de cinquante ans sur nos écrans, à l'exception de quelques personnages hors normes incarnés par des actrices impressionnantes ou sublimes.
Et ça fait du bien, de voir une femme de cinquante ans. Normale, pas surhumaine, bien aux prises avec le réel.

Sur le ton de la comédie, ce film ne fait pas montre de trouvailles cinématographiques extraordinaires, mais souligne le talent de Blandine Lenoir à mettre en scène ses acteurs, du premier au dixième rôle, et le regard bienveillant qu'elle porte sur eux. L'air de rien, sous ses dehors légers, Aurore aborde énormément de sujets habituellement absents des écrans: harcèlement de rue, féminisme, sexualité, solidarité féminine (oui, oui, encore, mais après tant d'années où on nous a dressées les unes contre les autres...)... sans qu'on ait l'impression d'une liste dont Blandine Lenoir rayerait les lignes au fur et à mesure - hormis le passage un peu poussif et artificiel sur l'intersectionnalité. Ajoutez à cela des personnages de femmes variés, de tous âges et en dehors des caricatures! Des hommes vulnérables délivrés de leur sacro-sainte virilité... il était temps!

Alors oui, c'est une comédie enlevée, sympathique avec quelques défauts, certains attachants, d'autres moins, certains manques frustrants (la "précarité" d'Aurore trop rapidement évoquée), certaines scènes peu subtiles, un peu trop de bons sentiments à mon goût... autant d'ingrédients qui m'ont plus rappelé certains téléfilms, mais c'est aussi le parti pris de la réalisatrice. Opter pour la comédie reste le meilleur moyen de dédramatiser un propos qui aurait pu être lénifiant, et de faire d'Aurore notre cousine, notre soeur. 

Pour toutes ces raisons, Aurore est un film inspirant et libérateur.
Pourvu qu'il y en ait d'autres!

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 09:24

Layla, Salma, des filles comme vous et moi; piercings et maquillage, cigarettes et bières le soir; des filles qu'on imagine libres, à première vue – et surtout vu d'ici.
A première vue à l'opposé de Nour, studieuse, voilée et fiancée.
A première vue, car
le personnage de Nour nous surprend dès le début, loin de se réduire au préjugé facile de "fille voilée/étudiante/coincée" (que partagent aussi au départ Layla et Salma), et est par là emblématique de l'une des intentions de Maysaloun Hamoud: se jouer de nos fameux a priori, donc, pour mieux les envoyer valser.

Layla, Salma, Nour ; trois personnages différents et subtils, nuancés, qui se verront rappeler, chacune à leur tour, leur condition de femme qui se doit de se soumettre aux diktats sociétaux/parentaux/conjugaux (je vous indiquerais volontiers de rayer la mention inutile mais la plupart du temps les trois vont de pair).

Trois voix qui s'élèvent, chacune à leur manière, et qui se soutiennent face à ces parents, amant, fiancé, face à ces autres qui voudraient qu'elles arrêtent de fumer, de boire, qu'elles cessent de s'habiller trop court, trop moulant, de sortir, de vivre ainsi, tous ces autres qui voudraient qu'elles acceptent cette vie qu'on leur impose et surtout, surtout, qu'elles ne fassent pas trop de bruit.

Je danserai si je veux, un titre si beau, si impertinent, si justement interprété par ses trois actrices principales. On pense à Much Loved évidemment, à cause de la langue arabe, mais surtout à cause de cette solidarité qui les unit, cette sororité dont on parle beaucoup en ce moment mais qui me semble de plus en plus essentielle et qui est magnifiquement incarnée ici.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 12:47

 
Il s'appelle Chiron, mais on l'appelle Little, puis, plus tard, Black.

C'est un taiseux qui regarde souvent le sol et engloutit les assiettes qu'on lui donne.

C'est un petit garçon qui se fait traiter de tapette par les autres, un adolescent que ces mêmes autres attendent à la sortie du lycée parce que son jean est trop serré, puis un jeune homme qui n'a finalement pas tant changé que ça.
Les trois acteurs qui interprètent Chiron aux différents âges de sa vie ne se ressemblent pas trait pour trait, mais leurs expressions troublantes de similitudes nous permettent d'y croire absolument.

Au départ je suis allée voir Moonlight pour Mahershala Ali, cet acteur qui me fascine et m'impressionne depuis que je l'ai découvert dans House of Cards.
Dommage que son personnage ne soit pas exploité davantage, car, au-delà du charisme de son interprète, il avait une véritable présence et un potentiel dramatique.

Dommage aussi que le rythme soit un peu trop monotone. Ce qui fait la force du film au départ finit par le desservir et nous laisser au bord de la route par moments.
Dommage, parce que certaines scènes sont vraiment fortes, d'une poésie brute et assumée, parce que la mise en scène est maîtrisée, et que le regard de Barry Jenkins est singulier - ses plans sont très réussis d'un point de vue esthétique (la leçon de natation dans l'océan en est la plus belle illustration), et sans complaisance gratuite.

 

Nul doute que la trajectoire douloureuse (mais sans pathos) de Chiron accompagnera mes pensées un bon moment, et que je serai attentive au travail de Barry Jenkins.

 

 
 

 

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 11:32

 

Ce n'est pas une histoire banale, et les personnages sont loin de l'être eux aussi.

Et pourtant. Et pourtant, au-delà de l'intérêt dramatique, Transparent a quelque chose d'universel. Cela ne semble pas évident comme ça, au premier abord (on n'a pas tous un père trans qui décide de faire son coming-out à l'âge de la retraite), mais finalement les thèmes évoqués dans la série sont plus généraux qu'ils n'en ont l'air: désir, émancipation, relations aux autres, peur de la solitude... autant de problématiques contemporaines dans lesquelles on peut se retrouver.

Un beau jour, suite logique d'un parcours dont on découvre quelques étapes au fil des épisodes, Mort décide de vivre tous les jours dans la peau qu'il revêt de temps en temps, à l'abri des regards connus (ou presque), depuis des années: celle de Maura. La série commence avec ce coming-out, puis s'élargit pour suivre les péripéties de la famille Pfefferman dont chaque membre est unique à sa manière et haut en couleurs - pas forcément attachant au sens traditionnel, mais fascinant. Et suscitant suffisamment d'intérêt pour qu'on leur emboîte le pas pour plusieurs saisons.

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