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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Barbara

Barbara

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Les raisons qui me poussent vers les salles obscures sont parfois bien curieuses.

Depuis que j'avais vu la bande-annonce du film de Christian Petzold, j'étais hantée par la musique de Stefan Will et par les chaussures de Barbara (et son allure, aussi, mais ce sont ses chaussures qui m'ont tapé dans l'oeil en premier).

Je suis donc allée au cinéma, attirée, tel Ulysse par les sirènes (un peu de lyrisme ne nuit pas) (bien au contraire) (CQFD), par des cordes et une paire de salomés...

 

Si les cordes étaient beaucoup moins présentes que je ne l'avais espéré, j'ai été plus que conquise par les tenues de Barbara.

Sa jupe bleu marine, son cardigan rayé, sa robe chemise grise, celle à carreaux, sa chemise en chambray, son sac à main et sans oublier ses fameuses salomés, je voulais tout! La silhouette de Nina Hoss y est sans doute pour beaucoup, mais la coupe impeccable de ses vêtements m'a bluffée (la chemise, surtout, avec ses proportions parfaites, son col repassé comme il faut, ses sublimes manches trois-quart, son petit pli au dos... et puis la bonne couleur aussi), et leur modernité aussi. Comme quoi, rien de tel qu'une bonne coupe pour traverser les années sans une ride.

Honte à moi, j'ai d'abord été étonnée par tant d'élégance (quoi? ça se passe vraiment en RDA?) (en 1980, qui plus est?), jusqu'à ce que je lise (et me rappelle après coup) (enfin, mieux vaut tard que jamais) (qu'on se le dise) que les femmes pouvaient alors recopier les patrons publiés dans la presse féminine, patrons inspirés des modèles des grands couturiers.

Si les silhouettes de Barbara m'ont captivée pendant tout le film, j'ai malgré tout tâché de dépasser ce stade contemplativo-admiratif (à la limite du groupisme, soyons honnêtes).

Ce qui ne me fut pas difficile, car le film est vraiment prenant et ses dialogues bien écrits.

 

Quelques années après La vie des autres, voici à nouveau un film qui dénonce la politique de répression de la RDA et de sa police, la Volkspolizei, dont le but est de dissuader par tous les moyens les allemands de l'est de passer à l'ouest.

A travers le destin de Barbara, dissidente bien décidée à quitter le territoire, Petzold souligne les pratiques glaçantes de la police, qui surveille notre héroïne sans relâche, et procède à des fouilles humiliantes dès qu'elle a eu le malheur de ne pas être joignable pendant quelques heures. 

Dans ces conditions, impossible de ne pas sursauter au moindre bruit de voiture, impossible de faire confiance à ses voisins susceptibles de la dénoncer, impossible de parler librement...

Christian Petzold rend parfaitement perceptibles la paranoïa, la suspicion, et l'étouffement qui pèsent sur cette ville de province. Impression renforcée par le contraste qui s'établit progressivement avec la douceur de la nature, ses bruits enjôleurs et ses chemins de campagne paisibles.

 

Comme toujours lorsqu'un film me plaît, je pourrais continuer à vous vanter la finesse des dialogues, des rapports humains qui s'établissent, le jeu de Nina Hoss, sa beauté qui vous éclate à la figure sur cette plage au petit matin... Mais j'ai comme qui dirait des salomés à trouver!

 

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