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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Big Little Lies

Big Little Lies

 

 

A Monterey, banlieue friquée de la Silicon Valley, des itinéraires de femmes qui se croisent, se rencontrent, se soutiennent, se heurtent aussi, parfois. Au second plan, une intrigue policière dont la victime et l'assassin ne seront révélés qu'au dernier épisode.

 
Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Le lisse est toujours plus rugueux qu'il n'en a l'air, le laid se cache souvent le beau, les aspérités sous la perfection... En plus la fin se laisse deviner bien avant le dernier épisode.
 
Et pourtant.
 
Peu importe que rien ne soit vraiment nouveau; le regard posé dessus l'est.
La tension monte, l'étouffement aussi, intensifiés par la répétition implacable d'un quotidien qui accable les personnages. Ballet de la dépose des enfants à l'école, footing de Jane, café du matin... Une mécanique bien huilée dont la perfection est exacerbée par la beauté des décors (qu'il s'agisse de la nature comme des maisons des personnages), des acteurs, par l'esthétique des plans et du montage intelligent.
Ce monde privilégié qui fonctionne en vase clos favorise, comme une formule chimique, la formation de précipités de jalousies, rancoeurs et autres médisances au service du scénario (pour notre plaisir coupable, on doit bien l'avouer).

Au-delà de l'intrigue, cet environnement fermé permet aux personnages féminins de prendre toute leur ampleur. A première vue tout paraît si évident, presque téléphoné, et puis non. Petit à petit chacune se dévoile, dans une complexité rarement autant développée et nuancée dans les fictions.
On comprend au fur et à mesure les renoncements, les compromis de leurs vies de femmes.
 
Serait-ce là le vrai sujet de Big Littles Lies? Des vies de femmes bien réelles, pour qui être mère ne suffit pas, ne suffit plus (oh, le beau réveil de Celeste lorsqu'elle revêt à nouveau son costume de professionnelle!), ou dont les postes à hautes responsabilités soulèvent d'autres questions (le personnage de Renata est de ce point de vue particulièrement intéressant et complexe), des femmes dont les amitiés inconditionnelles sont autant de formes de résistance et d'amour aussi, en un sens.
 
Oui la fin est peut-être un peu trop belle pour être vraie - mais après tout pourquoi pas? On nous a tellement habituées, depuis notre naissance, à envisager toutes les autres comme des rivales, des ennemies, que la sororité nous paraissait jusqu'il y a peu presque suspecte.