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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 21:47

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Je me rappelle la première fois où je suis allée sur Facebook.

J'avais été invitée par une ancienne connaissance. A l'époque (fin 2005, début 2006, autant dire l'ère des dinosaures), on en parlait peu, et dans mon entourage personne ne l'utilisait.

Je m'étais inscrite sans trop savoir pourquoi, sans comprendre l'intérêt ni le but de la chose, et n'y étais pas retournée avant des mois.

Ce qui paraît grosso modo inconcevable aujourd'hui.

 

Comme tout le monde j'ai suivi les récents démêlés de Mark Zuckerberg avec la justice, sans trop y prêter attention ni prendre vraiment position (à tort?).

 

En revanche je ne connaissais rien de ses débuts, de l'ascension fulgurante de ce geek harvardien devenu depuis le plus jeune billionnaire du monde.

 

Mais peu importe finalement qu'il s'agisse de Facebook.

Car en définitive c'est une fois de plus le récit de l'irrésistible ascension d'un jeune génie opportuniste, sauf que, comme nous ne sommes qu'en 2010, on ne sera pas témoin de sa déchéance que l'on ne peut s'empêcher d'imaginer inévitable et grandiloquente (tel Al Pacino dans Scarface, genre je hurle à la mort en tirant sur tout le monde avec ma kalachnikov, le visage recouvert de cocaïne, de toutes façons je m'en fous vous crèverez tous avec moi).

(à l'exception qu'Al Pacino est sexy, même en chemise hawaïenne, même avec une énorme montre dorée au poignet, même - voire surtout - quand il est puant et antipathique, ce qui n'est malheureusement pas le cas de notre jeune Mark qui a autant de charme qu'une huître, même lorsqu'il troque - enfin! - ses claquettes de piscine (avec chaussettes s'il vous plaît) contre un vrai costard)

 

Une irrésistible ascension dont le héros, une fois n'est pas coutume, n'est pas motivé par l'argent mais par une soif apparemment intarissable de reconnaissance, d'intégration, de considération.

(je ne ferai pas d'analyse psychologique sur le sujet,  d'abord je ne connais pas son passé familial, je ne sais pas s'il a un frère musclé et beau, ni si sa maman le rejettait lorsqu'il courrait se réfugier dans ses jupons alors non, pas de raccourci facile)

(même si c'est affreusement atrocement terriblement tentant)

 

Car finalement le point de départ c'est ça: intégrer un "final club", être invité dans les soirées les plus fermées, se faire plaquer contre le mur des toilettes par une fille en talons aiguille... Devenir populaire, ou l'éternelle rengaine.

 

Faire la nique à cette élite bien née au physique avantageux,

(si on aime les Ken en gilet Harvard, bien entendu)

qui brille par une merveilleuse combinaison de la tête et des jambes,

(la course d'aviron m'a presque passionnée, alors que lorsqu'enfant je lisais les aventures d'Alice à la bibliothèque verte je zappais joyeusement les courses de Ned, son petit ami musclé, tellement cela m'était d'un ennui mortel)

qui se rassemble en clubs sélectifs dont les critères d'admission sont terriblement difficiles et surtout tellement contradictoires avec ce qu'on attend d'une élite,

(il faudra d'ailleurs un jour m'expliquer pourquoi les grandes écoles affectionnent cette schizophrénie entre l'excellence intellectuelle et la satisfaction d'instincts basiques et primaires; personnellement, à la surprise première a succédé un malaise et un dégoût que mon bouillon du soir a bien du mal à faire disparaître)

(mais peut-être que mes lectures d'Alice et Tintin m'ont éloigné de la réalité trop longtemps)

et qui reçoit les non-membres dans un garage à vélos uniquement, considérant cela même comme un privilège, signe supplémentaire (si cela était encore nécessaire) de leur condescendance!

Les supplanter sur leur propre terrain en somme, et leur prouver que tout ne se passe pas toujours comme ils le souhaitent.

(c'était la minute bolchévique du lundi soir, bonsoir!)

 

Sauf que bientôt il n'est plus question de cela, mais de poursuivre un mouvement perpétuel.

Et être le premier.

S'entourer des bonnes personnes au bon moment.

Quitte à laisser du monde au bord de la route.

Pour continuer à avancer, coûte que coûte.

 

Même si cela doit à la longue laisser un goût amer.

 

Et je ne peux m'empêcher de voir dans cette implacable démonstration l'écho de mes lectures saint-laurentiennes/lagerfeldisantes actuelles.

Où le but de Karl Lagerfeled, comme Mark Zuckerberg ce soir, est d'être le meilleur, toujours en avance d'un coup.

Où la passion semble tout justifier, et ne partage sa victime avec personne (l'amitié n'étant pas vraiment à l'honneur ce soir, ni chez Karl).

 

...

 

Je pense que pour ma prochaine lecture j'investirai dans les Bisounours ou Bambi.

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
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