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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 21:33

 

Je ne me suis jamais posée cette question.

 

Car je sais.

 

Et oué.

 

Depuis presque quinze ans (aïe aïe aïe) (douloureux constat) je sais.

 

Tout a commencé une froide journée d'hiver, autour de Noël.

Avant? Après? Peu importe, sachez juste qu'il faisait froid et blanc, et que j'allais sur mes douze ans.

(et que j'en étais encore aux prémisses de mon adolescence)

(ô période bénie)

(surtout pour mes parents)

(mais à cette époque-là ils ne savaient pas encore ce qui les attendait...)

(à cette époque-là mon père ne savait pas encore que l'année suivante son livre de chevet serait "L'adolescent: l'écouter, le comprendre, l'aimer"...)

 

Bref, mon grand-père m'avait offert un livre sur les Châteaux de la Loire.

Après une moue dépitée,

(ben oué j'avais presque douze ans, mon grand-père n'y connaissait vraiment rien)

(j'aurais préféré avoir une bague dont la pierre change de couleur selon l'humeur)

(ou bien une paire de DocMartens)

(ou un keffieh)

(ou un Eastpack)

(en somme tout sauf un livre)

(parce que les livres c'est trop chiant et ça craint)

(à part Judy Blum)

(pour les passages un peu olé-olé de "Pour toujours") 

j'ai fini par le lire,

(il devait vraiment faire moche ces vacances-là, ou bien j'avais été interdite de Difool)

et par ne plus le lâcher jusqu'à la dernière page.

 

Plus que l'Histoire de France, ce qui m'intéressait, moi, c'était les histoires de coeur, les initiales entrelacées sur les façades, les passages souterrains, les encres invisibles, les poisons...

J'ai fini par persuader mes parents d'aller visiter les Châteaux de la Loire aux prochaines vacances d'été.

(ah ben oui, en ce temps-là nos vacances étaient planifiées six mois à l'avance)

(!)

(et les vacances étaient synonymes de Gîtes de France sentant le moisi, de papiers tue-mouches, de places de villages déserts, de pique-niques à base d'oeufs durs et de fromages odorants, de couvre-lits en chenille, de lectures chuchotées du guide bleu dans la nef de la cinquantième église du séjour...)

 

Plus ou moins à la même période, le hasard me fit découvrir Jeanne Bourrin.

(enfin, je pense plutôt que le hasard s'appelait maman)

(qui avait dû sentir ma soif de romantisme)

(ah ben oui, à douze ans ça rêvait du premier amour hein)

 

Et Les amours blessées.

Je ne me souviens pas vraiment du récit en lui-même, mais qu'est-ce que je l'ai aimé alors!

Je n'ai retrouvé ce sentiment avec aucun autre de ses livres.

(et pourtant, j'en ai bouffé du Jeanne Bourrin après)

(je crois bien que je les ai tous lus, recherchant à retrouver l'effet du premier)

(on ne se moque pas, franchement Jeanne Bourrin à douze-treize ans c'est que du bonheur)

 

Et à partir de là j'ai su que je voulais être Cassandre Salviati.

1311530.jpg

 

La belle Cassandre, fille d'un banquier italien, dont le père possèdait mon château préféré, Talcy (où se trouve soi-disant le fameux rosier).

Qui, à treize ans, rencontre Ronsard à un bal de la cour à Blois, et va lui inspirer ses vers les plus célèbres.

De jolies robes, un bal, un château, une belle histoire d'amour platonique,

(ben oué, Ronsard était déjà tonsuré donc bon)

(en même temps il avait sept ans de plus que moi donc... ahem)

(et même s'il n'avait pas été tonsuré il était trop pauvre, mon père n'aurait jamais accepté)

(vous me direz, on aurait pu fuir ensemble)

(mais j'étais une fille sage et raisonnable)

et passionnée (enfin, d'après Jeanne), avec à la clé des poèmes pour l'éternité, c'était pour moi le bonheur assuré!

(on notera mon goût déjà prononcé pour les frivolités, superficialités et légèretés en tous genres)

 

Bien sûr, j'ai finalement dû épouser un riche noble comme moi, et lui faire des enfants, et tenir mon rang, et certainement ne plus jamais connaître l'amour.

(et avoir une vie d'un ennui abyssal)

(genre la Cendrillon de Téléphone, à côté de mon destin c'est peanuts)

 

Mais peu m'importait! J'avais été heureuse, j'avais été aimée, et tout le monde le saurait jusqu'à la fin des temps!

(Dieu que j'étais romantique!)

(et absolument pas féministe aussi)

(mais j'étais Cassandre, c'était ça le plus important)


 

*** Intermède poétique illustrant mes propos***

(et justifiant mon non-féminisme)

 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

 

*** Fin de l'intermède poétique ***

(faut avouer que mon mec savait y faire...)

 

 

Cet été-là, j'ai fait mon pélerinage à Talcy et au prieuré de St Cosmes (dernière demeure de Ronsard), priant pour qu'on m'écrive des vers, à moi aussi.

 

Et quinze après, j'y retournerais volontiers...

 

Merci à la délicieuse Asphodèle, grâce à qui j'ai retrouvé avec bonheur mes vieilles amours...

 

Et en bonus, mon rosier et mon château:

(où ma descendante Diane fut la muse d'Agrippa d'Aubigné, s'il vous plaît)

(et oué, on a le gène du poète dans la famille)

(en plus de toutes nos autres vertus telles que la beauté, la douceur, la tempérance, l'intelligence, la sagesse..)

(ok j'arrête)

 

1728584577.jpg

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 09:37

J'ai failli à mes bonnes résolutions.

 

into-the-wild-1.jpgJ'ai regardé Into the Wild. Et même si certaines coquetteries m'ont agacée (la musique, bien que parfaitement adéquate, un peu trop omniprésente à mon goût, certaines coquetteries visuelles et surtout l'usage des ralentis complètement superflus), comment ne pas être fasciné par cette histoire?

Encore plus d'actualité aujourd'hui, quand tant de jeunes occidentaux font le choix de mettre la réalité entre parenthèses pour faire le tour du monde sac au dos?

(Le Monde magazine (ou était-ce encore Le Monde2?) avait publié un portfolio plutôt amusant de ces jeunes aux quatre coins du monde, ayant tous plus ou moins le même discours et le même parcours, mettant ainsi en évidence la banalité, voire presque la fatuité pour certains, d'une telle démarche).

On s'est tous un jour posé la question de partir à l'aventure, hors des sentiers battus, hors du système. En voilà un qui l'a fait, et jusqu'au bout. Le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie interpelle et remue encore plus de questions que prévu...

Questionnements qui ne sont pas près de disparaître de mon esprit...

D'autant plus que l'omniprésence de Thoreau dans ma vie en ce moment soulève chez moi de grandes interrogations. Je n'ai jamais été vraiment troublée par les coïncidences mais là c'est assez fort: je ne connaissais cet homme des bois ni d'Eve ni d'Adam (je sais), je le découvre au travers d'un article dans le Télérama spécial Forêts, deux jours plus tard Patrick Mulvaney (voir ci-dessous) le cite, et enfin dimanche c'est Alex Supertramp qui s'y colle!

Dois-je y voir un signe du destin? (moi qui n'y crois pas)

Dois-je tout plaquer pour devenir garde forestière?

Ou encore faire le tour de toutes les forêts du monde?

(si quelqu'un a la réponse, merci de bien vouloir me contacter par mail)

(même si soyons honnêtes je ne pourrais jamais partir en Alaska)

(monter une tente toute seule, ok, mais tuer une bête et la dépecer, non merci)

(en plus j'ai trop peur des araignées)


 

 

9782253157502FS.gifEn parallèle j'ai lu Nous étions les Mulvaney.

Enfin, dévoré serait un terme plus adéquat. Je n'avais pas lu aussi intensément depuis longtemps. Impossible de le refermer, même (surtout) à deux heures du matin. Mais comment laisser les Mulvaney?

La force fascinante des récits de Joyce Carol Oates m'a toujours captivée, mais je ne crois encore jamais à ce point.

Ce matin c'est complètement lessivée que j'ai lu la dernière page.

Epuisée et complètement retournée.

Le déclin, la désagrégation et la lente et longue souffrance d'une famille américaine pas comme les autres, le récit d'un gâchis, le rêve américain brisé, les travers d'une société étouffante et bien-pensante, l'impossibilité de surmonter les regards et dires de ses concitoyens...

Un roman vraiment bouleversant.

 

 

 

Et voilà, le week-end est bel et bien terminé maintenant.

Je ne suis pas partie, mais j'en ai eu l'impression.

Trois jours au beau milieu des immenses espaces américains.

Le retour à la réalité du métro va m'être bien difficile...

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 21:01

(hostiles aux cheveux gras et autres moues boudeuses s'abstenir)

 

Presque dix ans que ça dure.

Bien avant que je ne découvre ses talents d'acteur, bien avant son mariage avec Chiara et son incursion dans le monde fameux des people, bien avant qu'il n'agace tout le monde avec sa gueule chiffonnée, et ses fameux cheveux gras, bien avant qu'il ne soit célèbre en fait.

 

Quand je l'ai découvert, il avait les cheveux plutôt courts, et encore une petite gueule d'enfant sage.

J'avais craqué avec Los Angeles, et finalement c'est tout l'album Rose Kennedy qui m'a fait tourner la tête.

Je l'écoutais en boucle.

 

Avec Négatif c'est devenu addictif.

Jamais chanteur n'avait aussi bien retranscrit le spleen.

 

Alors oui, il y eut des pics, et des phases moins intenses.

(il vaut d'ailleurs mieux s'abstenir quand on a le moral en berne, c'est plus prudent)

(mais c'est plus fort que moi, il y a des périodes où je ne peux m'empêcher d'écouter en boucle Brandt Rhapsodie le matin dans le métro)

(on a connu plus gai et efficace comme entrée en matière dans une journée toute neuve)

 

Mais je finis toujours par y revenir (suis d'ailleurs présentement en train de redécouvrir les charmes de Rose Kennedy, même si les derniers albums sont plus forts et plus aboutis).

 

Et qui mieux que lui chante le 15 Août?

(sauf que lui avait du soleil)

(imaginez un peu s'il n'y en avait pas eu)

(...)

 

 


 
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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:03

L'avantage quand tout le monde a quitté Paris, et que le temps est maussade (doux euphémisme), c'est qu'on peut sans vergogne rattraper ses classiques.

C'est presque une aubaine en fait.

(il faut toujours voir les choses du côté positif: il n'y a personne à Paris au mois d'août et il pleut? ce n'est pas grave, je vais me transformer en ermite en profiter pour rattraper mon retard)

(c'est l'influence de la visite du Dalaï Lama en Italie, j'en profite pour me poser les vraies questions et recentrer ma vie)

(...)

(non mais vous y avez cru une seule minute?)

(en réalité j'achète des lampes design sur internet)

(et je liste tout ce dont j'aurais besoin pour les vacances)

(en un sens, c'est ça aussi recadrer ses priorités)

(mouhahaha)

 

Et comme certaines enseignes font des promotions indécentes sur les DVD, je m'en donne à coeur joie!

(en même temps j'ai comme l'impression de pactiser avec le diable quand je vais dans ce grand magasin rouge)

(j'ai presque vendu mon âme en acceptant leur carte de fidélité)

(mais je jure que je n'y achète jamais de livres)

(j'ai encore sept jours pour me décider... activera la carte, ou pas?)

(pour que Satan gagne tapez 1, pour qu'il perde tapez 2)

(...)

 

Bref, c'est ainsi que je me suis plongée avec délectation dans les années lycées de Tomasi & Co.

peril-jeune-1995-07-g.jpg

 

L'ambiance de ces années-là m'a semblée justement restituée. Et on peut difficilement bouder son plaisir à la vue de Romain Duris, Vincent Elbaz ou Elodie Bouchez encore tout jeunes.

J'ai beaucoup ri, jusqu'au moment où le film bascule une réalité moins drôle et festive.

Ce film m'a touchée aujourd'hui, alors que je n'étais pas née à cette époque et que je ne suis plus lycéenne depuis belle lurette, pas étonnant qu'il s'agisse d'un film culte.

 

Mais je dois avouer que lorsque le générique de fin a commencé à dérouler, je me suis sentie un peu vieille.

(la faute aussi à la péremption officielle de ma carte 12-25)

(à tous mes amis qui ont de vrais appartements)

(comprendre des deux pièces)

(sans parler de ceux qui achètent)

(ou qui se marient)

(autant de petits coups de vieux dans ma poire)

(cela dit j'aime beaucoup aller dans des deux pièces, pour moi c'est un émerveillement de chaque minute)

(idem pour les mariages)

 

Leur insouciance, les engagements (à divers degrés, bien évidemment) des personnages, leur fraîcheur me sont revenus en pleine figure, et j'ai trouvé ma génération un peu terne (cela dit, il ne tient qu'à moi de m'engager davantage, mais quand même la ferveur de ces années-là manque aujourd'hui).

Cette génération précaire dans tous les domaines (ah, la vie professionnelle; ah, la vie sentimentale; ah, le logement...).

Je ne suis pas totalement représentative de ma génération (j'ai la chance de ne jamais avoir été au chômage), mais parfois je me dis que j'aurais préféré être née plus tôt...

 

En 1975 avec Tomasi, par exemple?

(en même temps je m'imagine difficilement vivre sans internet)

(sans blague)

(en fait je me dis plutôt que je ferai une énorme mid-life crisis)

(sauf que je n'achèterai pas de Porsche)

(je me vois plutôt tout plaquer et partir à Katmandou, avant d'ouvrir un bar sur une plage exotique)

(mais en même temps je m'imagine difficilement vivre sans internet)

(mes questionnements existentiels tournent en rond)

(soupir)

(c'est peut-être un signe que m'adresse le Dalaï Lama pour que j'aille à sa rencontre en Italie?)

 

Moralité: je vais peut-être reporter pour une durée indéterminée ma session "Into the Wild" afin de préserver mon cerveau.

 

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 00:00

la-ballade-de-l-impossible-le-livre-copie-1.jpgSans que je m'en aperçoive vraiment, j'ai été petit à petit captivée par cette histoire.

Pourtant, à la lecture des premières pages, la familiarité de ton (écriture de Murakami ou traduction?) me déplaisait un peu, et j'avais du mal à m'attacher à Watanabe, héros mutique et mystérieux.

Mais assez rapidement, sans que je parvienne vraiment à le comprendre ni à l'expliquer, j'étais prise par les personnages, le climat, l'ambiance; presque malgré moi finalement.

J'étais tellement heureuse cette après-midi de pouvoir lire la seconde moitié d'affilée!

Et en même temps un peu triste de l'avoir déjà terminé.

 

Car Murakami m'a emmenée loin, beaucoup plus loin que ce que j'avais imaginé en commençant ce livre.

 

Sur fond de révolution (le récit se passe dans le Japon de la fin des années soixante), La ballade de l'impossible est un livre magnifique sur le sentiment amoureux, le désir, les différents deuils de la vie et le temps qui passe.

 

Le dépaysement est total, et en même temps le récit tellement moderne que l'on oublierait presque ce contexte historique, si quelques allusions aux Beatles, mini-jupes et surtout aux mutations de l'époque ne se rappelaient à notre bon souvenir.

 

L'écriture de Murakami, un peu trop basique à mon goût au début, réussit grâce à cette simplicité à transmettre cette histoire de manière brute, toute en émotions, sentiments, contradictions, tendresse, érotisme, sans que cela ne soit à aucun moment gênant ni impudique (même les passages explicites sont délicats et touchants, et même les propos sans complexes de Midori ne sont jamais vulgaires).

 

Et finalement, malgré tout ce que l'on pourrait penser, ce récit se fait l'écho d'une pulsion vitale irrépressible, et est en ce sens porteur d'espoir.

Enfin, c'est ce que j'ai ressenti en le terminant.

 

Je ne sais pas si le réalisateur qui a adapté le film au cinéma (Tran Anh Hung, à qui l'on doit entre autres L'odeur de la papaye verte) aura su éviter l'écueil de la sentimentalité et de la jolie reconstitution historique en costumes, bande-annonce et images léchées à la clé.

Après avoir regardé la bande-annonce, j'ai bien peur que ce ne soit pas le cas...

 

En tous cas, j'ai bien l'intention de poursuivre ma découverte de Murakami (enfin, quand ma table de nuit sera un peu plus dégagée...).

 

Et surtout, depuis que j'ai refermé ce livre, et encore plus après avoir revu Lost in Translation, j'ai comme une furieuse envie d'aller au Japon....

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 08:53

Visuel_PetiteFille2010.jpg

 

C'est l'histoire d'une fille que ses parents continuent à traiter comme une enfant, même si paradoxalement ils veulent la marier à tout prix.

Une fille qui affirme n'avoir besoin de personne, mais qui rêvasse au prince charmant.

Une fille qui proteste qu'elle n'est pas à vendre, mais qui se laisse mollement faire la plupart du temps.

 

Comme si tout l'indifférait, en dehors de l'atelier théâtre (où elle fait preuve d'un certain talent), et de ses rêves à l'eau de rose.

 

En même temps, dans cette campagne où la moindre "originalité" fait naître la suspicion ("c'est bizarre quand même que cette nouvelle directrice soit arrivée ici toute seule"), tout le monde la presse de se marier (comme si ses parents ne suffisaient pas, son amie souligne qu'elle a bientôt atteint la limite de péremption...), on comprend qu'elle se réfugie dans ses feuilletons et ses collages de gamine.

 

 

L'intérêt ne réside pas forcément dans l'histoire, dont l'on devine plus ou moins les rebondissements, mais plutôt dans la montée de la tension, servie par la mise en scène de Laetitia Masson et le jeu de ses acteurs.

Hélène Fillières bien évidemment, mais aussi ses parents (exquise Aurore Clément) à l'amie d'enfance, en passant par le bel inconnu (Benjamin Biolay, encore lui, mais je reviendrai sur son cas) qui va tout déclencher, l'éveil à la vie, l'amour fou, la directrice de l'école, seul personnage apaisant.

 

On comprend en effet rapidement que tout cela finira mal, reste juste à savoir quand, et jusqu'où tout cela ira...

 

Pour moi le pire n'était pas vraiment le dénouement, mais plutôt le soulagement que j'ai alors éprouvé.

Un sentiment bien désagréable et surtout dérangeant, dû à mon avis à la force la progression dramatique et à l'interprétation impressionnante d'Hélène Fillières.

 

La fin est finalement plus inattendue que je ne l'aurais cru, faisant de Sylvie une véritable héroïne de tragédie, écho à la tragédie shakespearienne qu'elle répétait.

 

Une bonne petite claque, ça ne peut pas faire de mal...

 

Ce téléfilm est diffusé sur France3 mardi soir, d'ici-là il est visible en streaming sur le site de Télérama.

(et non, je n'ai pas craqué sur la télé)

 

Je recommande tout de même une lecture facile et sympathique pour la soirée.

(voire même du chocolat)

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:09

Dans la série "on prend les mêmes et on recommence", j'avoue un plaisir inégalé à revoir régulièrement le second film de Sofia Coppola (comme tous ses films en fait) (sauf que pour Virgin Suicides j'essaie d'être un peu forme quand même).

 

A chaque fois, je suis enchantée comme si c'était la première fois.

 

La BO idéale (que je réécoute en boucle depuis), le casting parfait, la photo, le scénario... la poésie moderne qui s'en dégage...

(mon Dieu que cette fille (Sofia Coppola) m'énerve à tout faire si bien!)

(en plus elle se marie à la fin du mois avec le chanteur de Phoenix)

(oui, je sais, la jalousie est un bien vilain défaut)

 

On a déjà dit tellement de choses sur ce film: l'éclosion d'une actrice (ah, Scarlett...sa voix, sa moue, quel choc c'était!), la culotte, le talent de Sofia Coppola de filmer le rien en en disant tout, sa subtilité et son raffinement, le juste équilibre entre humour, spleen et moments de grâce...

 

Une amie m'avait confié à la sortie du film qu'elle n'avait pas du tout accroché, qu'elle ne comprenait pas le personnage de Charlotte, son spleen, qu'elle avait trouvé le film lent et long, voire même ennuyeux...

Sept ans plus tard (ce qui ne nous rajeunit pas) (soupir), je ne la comprends toujours pas...

Car je me sens toujours aussi proche de cette Charlotte un rien bêcheuse qui laisse le temps s'écouler, qui regarde le monde derrière sa fenêtre, qui ne sait pas très bien où elle va...

lost-in-translation

(malheureusement je n'ai pas la même plastique irréprochable pour me consoler)

(soupir bis)

(mais au moins je ne suis pas mariée à un photographe post-adolescent américain)

(en revanche j'ai le même parapluie transparent)

(et j'aurais pu faire la même rélexion à propos d'Evelyn Waugh)

(on ne peut pas tout avoir)

(soupir ter)

 

 

A voir et à revoir sans se lasser... ne serait-ce que pour cette scène finale...

(et qu'importe ce que Bill Murray lui dit!)

(cela ne nous regarde pas après tout)

(je n'ai jamais compris l'acharnement qui consistait à découvrir cette réplique à tout prix quand le film est sorti)

600full-lost-in-translation-screenshot

 

Quitte à promener mon parapluie transparent tout le mois d'Août, autant être avec Bill à Tokyo...

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 22:10

 

Les mails de réponse automatique.

("Je suis en congés jusqu'au 29 août inclus, merci de contacter Tartempionne")

(au bout du troisième en moins d'une heure, c'est un peu énervant...)

(frustrée, moi?)

 

Les photos de vacances des aoûtiens.

(après celles des juillettistes)

(oui, je sais, la jalousie est un bien vilain défaut)

(et alors?)

 

Les pieds dans le plat.

("Tu pars bientôt?")

("...")

("Mais tu vas te faire des week-ends, non? Tu pars le 15 août?")

("...")

(oui c'est mon choix, et alors?)

(de par ma nationalité, j'ai toujours le droit de me plaindre)

 

Les plantes du voisin à arroser.

(dont des orchidées...)

(...)

(soit il est très naïf soit il n'a peur de rien)

(heureusement il y a aussi beaucoup de plantes vertes non identifiées mais très sympas)

(enfin, surtout increvables)

 

La pluie.

(celle qui fait friser les cheveux)

(glisser les pieds dans les chaussures)

(et qui file le bourdon de bon matin)

 

Les cours de gym kitsch à souhait, programme d'été oblige.

(avec bande son moisie, blagues moisies et exercices moisis)

(genre on mime les paroles)

(si si c'est possible, j'ai testé pour vous ce soir le "you and me")

(no comment)

 

Le vide intersidéral de mon ELLE hebdomadaire.

("ma nuit avec un people")

(la série des "mystères de l'été", entre le magazine Détective et Faîtes entrer l'accusé, la caution veste en cuir en moins)

(et encore une couverture avec Jennifer, ça sent un peu 2010 tout ça...)

 

 

Comme si tout cela ne suffisait pas,

ma lampe de chevet m'a lâchée.

J'ai dû bricoler mon interrupteur avec de la patafix.

(appelez-moi Mc Gyver)

(ou Mme Irma, parce que maintenant ma lampe s'allume et s'éteint toute seule, narguant ma patafix)

(et me filant un peu les chocottes au passage)

Et pour une fois j'ai des ampoules,

au lieu de mes bougies de shabbat ... 

(je sais c'est péché)

(mouhahaha)


 

art-sd_fate_large.jpg

 

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:49

affiche-a-single-man.jpg

Encore un film que j'avais raté au cinéma (décidément).

Et c'est dommage, parce qu'après l'avoir découvert au cinéma, je me dis que sur un grand écran ça devait être bien.

 

Je n'ai jamais été une grande fan de Tom Ford (rien que de penser aux collections qu'il avait dessinées pour YSL , j'en ai des frissons...) (et c'est sans compter le porno-chic gucciesque) (même si en même temps je ne peux nier ni son flair ni son talent).

Et j'avoue, encore aujourd'hui, avoir du mal à le trouver crédible, même quand il parle de son film. Est-ce dû à son physique de golden boy, son bronzage caramel et ses chemises (trop) ouvertes?

 

Pourtant, il a bel et bien réalisé ce film.

A ma plus grande joie.

 

Alors oui, les mauvais esprits pourront toujours dire qu'il s'agit d'un film purement esthétique, que certains acteurs ressemblent trop à des top-models pour être honnêtes, que tout est trop beau et soigné (les décors, les costumes), que certains effets sont de trop (flash-backs, ralentis pouvant paraître trop maniérés).

Qu'il s'agit au fond d'un joli film, comme on parle d'un bel objet, agréable à regarder mais sans véritable intérêt.

 

Je pense que ceux-là se trompent.

 

Moi aussi j'ai eu peur au début, tout était terriblement chic et parfait: les costumes, les décors, les accessoires, certaines image semblaient directement sorties d'une série mode, et certains jeunes garçons (un poil trop jolis pour êtres de bons acteurs, les vieux clichés ayant la dent dure) issus de Têtu (genre le best-of des gays les plus sexy de l'été).

 

Mais résumer le film ainsi ne serait pas lui rendre justice.

Car la magie opère à notre insu, et on se surprend à être pris au piège de ses émotions, grâce aux excellentes interprétations de Colin Firth et Julianne Moore.

Colin Firth, de tous les plans ou presque, dont le visage peut tout exprimer en moins d'une minute, sans même qu'il bouge. J'ai vraiment été bluffée par son jeu dans ce film, tout se lit dans ses yeux, c'est assez incroyable. Sans parler des subtuiles inflexions de sa voix... Il a raflé pour ce rôle le prix d'interprétation à Venise, le moins qu'on puisse dire est qu'il ne l'a pas volé.

Julianne Moore est parfaite, comme d'habitude. Le personnage de Charley, meilleure amie de George et femme sixties désespérée (mari et enfant partis, gin et nicotine à volonté), prend vie dès le premier plan où elle apparaît. Cette actrice fait vraiment partie des meilleures (je suis capable d'aller voir n'importe quel film si elle en est). En plus la choucroute et l'eye-liner sixties lui siéent à merveille.

Le Los Angeles des années 60 est parfait - ah, Los Angeles... c'est fou ce que cette ville dégage de fantasmes et de rêves. Plus le temps passe, et plus je la trouve fascinante - et glaçant (les schémas sociaux, la guerre froide, l'homophobie...).

Et la BO envoûtante; je suis d'ailleurs en train de l'écouter en boucle...

 

Alors oui, c'est vrai, il y a beaucoup de coquetteries visuelles, et ça peut éventuellement en gêner quelques uns. Mais pour moi ces effets ne sont pas vains, et contribuent à la senusalité et à la sensibilité du film (ah, le plan où Julianne se met de l'eye-liner en écoutante Gainsbourg...).

Les flash-backs ne sombrent jamais dans le pathos, les jolis garçons sont plus profonds qu'ils n'en ont l'air, et la problématique est finalement universelle.

Le passé, le présent, le futur, comment se débrouiller avec tout ça...

 

Définitivement bien plus qu'un joli film.

 

 

 

Et en bonus le plus beau des jolis garçons du film:

acteur-du-film-a-single-man.jpg

(comme quoi, quarante ans plus tard, une jolie banane, un tee-shirt blanc et un jean noir plutôt moulant font toujours leur petit effet...)

(j'ai toujours adoré les bananes)

(dans Grease, j'ai toujours préféré Kenickie parce qu'il avait une grande banane)

(bref)

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 09:39

 

Et depuis qu'il est entré dans ma vie, on ne se quitte plus (enfin, surtout moi).

 

J'aime l'enfiler le soir et me prélasser avec lui.

Avec mes babouches marocaines c'est la grande classe.

 

On dirait que je suis Pierre Loti, mais en femme, et que j'habiterais une grande maison complètement délirante*, dans laquelle je passerais mes journées vêtue à l'orientale.

Je ferais brûler de grands cônes d'encens, je fumerais une longue pipe et je saurais faire des ronds avec la fumée.

Un bel eunuque manierait délicatement un grand éventail de plumes (souvenir des Indes), au-dessus de ma tête (on dirait que j'ai la santé fragile, malheureux souvenir de l'un de mes nombreux voyages).

Personne ne saurait vraiment d'où provient ma fortune, et je jouerais les belles écervelées, je réclamerais mes sels dès que l'étau se resserrerait.

 

Ou bien je serais une cantatrice déchue.

Amours ratées, carrière brisée.

Je donnerais de grands bals masqués où tout le monde exhiberait fièrement ses beaux costumes, sauf moi, mais ça personne ne le saurait. Je préfèrerais voir la jeunesse s'amuser à travers le judas d'une porte dérobée, à l'étage.

 

Des années après les fêtes costumées, on me traiterait de vieille excentrique, et cela me serait bien égal.

 

Je continuerais à faire des ronds avec ma fumée.

 

Dicksee Sir Frank Passion+arc large

 

 

* j'ai visité, quand j'avais une dizaine d'années, la maison de Pierre Loti à Rochefort. J'avais alors envie d'y habiter, et depuis j'avoue la fantasmer un peu, je n'ai revu aucune photo, et n'ai aucunement l'intention d'y retourner, mon souvenir est plus beau.


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Published by leshumeursdeviolette - dans On a bien le droit de rêver
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