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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:50

Noël, la maison des parents.

L'heure de la cuisson, pas encore l'heure de la veillée mais plus celle du thé.

Le moment de trier tous ces bijoux laissés derrière moi en quittant le nid pour Paris.

Je reconnais au premier coup d'oeil toutes ces boîtes qui prennent la poussière depuis dix ans. Les souvenirs m'éclatent en pleine figure à chaque couvercle que je soulève.
Une bague offerte par un garçon en CE2, une gourmette que j'avais réclamée à cor et à cri pour mieux la délaisser, des boucles d'oreille achetées en ville un samedi après-midi...
Si je me souviens de certains, j'ai complètement oublié l'existence des autres. Tous ces autres qui me renvoient à ces années d'adolescence où j'aurais tout donné pour une bague ornée du symbole du yin et du yang, ou pour des créoles accessoirisées de croix, où je m'achetais des batonnets d'encens par dizaines et où les colliers de Kelly Taylor étaient encore à la mode.

J'ai presque tout donné.

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:45

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Longtemps Nelly Kaprièlian ne fut pour moi qu'une voix du dimanche soir, quand j'écoutais encore Le Masque et la Plume, une voix familière avec laquelle je m'entendais souvent.

Ni roman ni essai, autobiographie mais pas totalement, s'éloignant de la star pour mieux y revenir, Le manteau de Greta Garbo est un écrit qui m'a interpellée, interrogée, remuée et dont certains passages continuent à résonner en moi.

Bien au-delà de la garde-robe d'une star mythique, au-delà de réflexions sur le vêtement, le texte, d'une folle contemporanéité, prend parfois une tournure presque sociologique, avant de bifurquer vers la fantasmagorie au paragraphe suivant, puis de reprendre le fil parallèle de son itinéraire féminin.

Alors oui, ces va-et-vients entre fiction, récit, analyse, autobiographie sont déroutants au début. Au début seulement, car le texte de Nelly Kaprièlian est fort, juste, sans fards, d'une honnêteté déconcertante, qu'elle décortique la mécanique des studios hollywoodiens comme celle de nos propres coeurs.
Je me suis plus d'une fois reconnue dans ses mots, qu'il s'agisse de mode, d'hommes, de désir, de garde-robe ou encore de notre condition humaine.

 

"Qu'avions-nous vécu? N'aurions-nous été que des fantômes à la recherche éperdue de nous-mêmes dans un petit théâtre d'ombres que nous avions pris pour la vie? Nous allions vieillir et nous effondrer de tristesse. Nous regarderions par-desus notre épaule et il n'y aurait rien. Rien d'autre que des soupçons d'amour, des gestes inachevés, des hypothèses d'existences, rien d'aussi tangible que ces robes pendeues comme des corps misérables dans nos armoires trop pleines."

"Quand l'élégance peut être un leurre, de la poudre jetée aux yeux de l'autre pour mieux le duper, le style prolonge le goût, permet d'exister contre toutes les déconvenues que l'existance nous oppose tôt ou tard."

"Chaque saison, [la mode] nous fournissait des coffres entiers d'illusions: ces petits objets magiques qui avaient le pouvoir de réenchanter le monde en restaurant notre confiance en nous. [...] Chaque robe contenait une multitude de narrations possibles [...] Et chaque vêtement réinjectait un peu de beauté dans nos vies quotidiennes, nous permettant de recomposer une scène où nous épanouir, un lieu imaginaire où jouer. [...] J'aimais la possibilité que nous offrent les collections de nous réinventer tel un phénix au rythme des saisons, de nous projeter à travers de nouvelles enveloppes dans de nouvelles fictions, de renaître, en somme perpétuellement."

 

Qu'on ne me dise jamais plus que nos vêtements ne signifient rien.

 

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 20:02

Un long voyage en Chine.

Un groupe de chinois m'observant longuement depuis le coin opposé de l'ascenseur.

Une chinoise souhaitant absolument me parler (le pouvoir des yeux bleus).

Cernés, les yeux, depuis des semaines.

Des nuits fraîches à agitées.

Hier soir encore, une araignée géante au plafond.

Et moi, toquant à la porte voisine à deux heures du matin pour tuer le monstre en question.

 

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Ah, et aussi: les trois premières saisons de Breaking Bad.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 13:21

"Sometimes to get what you want you need to have a really strong past to make sure that you become a warrior and you are not fucking scared about anything and you fight through the night, you know?"

Olivier Rousteing

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 10:09

Un cours de gym ordinaire dans la semaine d'une citadine toujours pressée - une heure d'oubli, une heure à l'écoute de ce corps que l'on n'a pas toujours envie d'entendre.

Puis c'est la fin, le moment de tout relâcher, de se laisser aller vers le sol avant de remonter doucement, tout doucement, "vertèbre après vertèbre". Je déroule ma colonne vertébrale, et sens sur ma taille les mains fermes de Dora qui m'apprennent à me redresser.

Je revois ses académiques et ses guêtres, ses bandes magnétiques dont les rythmes dictaient nos enchaînements, les mercredis après-midi et les soirées dans la salle au grand miroir et au sombre parquet, la grande diagonale que nous devions traverser, la scène du théâtre Toursky où je m'étais brûlé les pieds, la barre qui me fascinait, les vestiaires dont les fenêtres donnaient sur les cours intérieures du vieil Aix, les mystérieux rideaux qui séparaient le studio de danse de l'appartement, l'odeur de l'escalier; et les mains de Dora Feïlane.

 

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 17:46

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Soyons honnête: je n'avais pas du tout envie de lire ce roman. Je ne connais pas l'histoire d'Alexandre (ou bien l'ai occultée), j'ai peu de goût pour les romans que l'on appelle historiques depuis une overdose de Jeanne Bourin à l'adolescence, et le résumé ne me tentait absolument pas!

Mais j'ai finalement été envoûtée par ce récit d'un autre âge.

Pour seul cortège est un récit polyphonique d'une beauté sèche et désolée pareille aux paysages inhospitaliers qu'ont dû traverser Alexandre et son armée pour asseoir l'empire. Un conte antique et lyrique qu'un vieil ermite chuchoterait du bout des lèvres. Une histoire qui nous rapproche des dieux et des humains, qui ressuscite cités et royaumes disparus, jusqu'aux jardins suspendus de Babylone.

Quand on referme ce roman, on a le visage fouetté par le vent des déserts, les yeux éblouis par le soleil d'Asie Mineure, et la bouche asséchée par la poussière.

 

La proposition de MissBouquin pour le second Prix des Lectrices.

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:57

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Ça ne commençait pas mal. Une pirouette efficace autour du personnage principal, un style facile à lire, un suspense prometteur, j'étais bien accrochée et les pages s'enchaînaient les unes après les autres - le matin, le soir, dans le métro et dans mon lit, dès que je le pouvais.

Et puis, la première partie terminée, un sentiment de répétition qui laisse peu à peu place à la lassitude. L'émerveillement de la découverte passé, les défauts apparaissent: les personnages dont les "mystères" sont finalement trop caricaturaux (la complexité apparente de Jean, la bienveillance surnaturelle de Karma), les ressorts de l'intrigue rapidement trop prévisibles, les coïncidences s'accumulant jusqu'à l'invraisemblance, les bons sentiments qui commencent à dominer l'ensemble du roman... Cela commençait à m'agacer. Les révélations et rebondissements rocambolesques de la fin eurent raison de ma clémence, et le dénouement bienheureux m'a achevée. 
Mais quel dommage!

Car au-delà de ces défauts d'écriture, Le choeur des femmes m'a interpellée. En tant que femme, forcément, mais pas que. J'ai été au début passionnée par ces voix de femmes qui se racontent (ou pas), par ces itinéraires de vie si différents les uns des autres et qui en même temps se rejoignent dans une certaine forme d'universalité. Mais les ficelles si grosses de Martin Winckler ont progressivement remis en question mon enthousiasme premier, avant de me laisser perplexe.
Tous les médecins, sauf Karma et ses amis (soit, quoi, 1% des médecins français?), seraient-ils donc bêtes et méchants? Si l'on a tous croisé à un moment ou un autre des médecins peu psychologues et pas forcément à l'écoute, sont-ils si nombreux? Comment faire si l'on ne connaît pas de Dr Karma? Me voilà même en train de douter des compétences de ma gynécologue, à remettre en cause ses conseils...

Je ne suis pas médecin et suis peu familière de cet univers, et me voilà maintenant face à tant de questions dont je n'ai pas les réponses. Et surtout en proie à un doute inconfortable: la position de Winckler qui me semble un poil exagérée, dans quelle mesure est-elle proche de la réalité?

 

La proposition de Delphine pour le second Prix des Lectrices.

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 15:20

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Une semaine plus tard je peine toujours à m'exprimer clairement et justement  quant au dernier film de Céline Sciamma. Un film à la fois gai et plombant, plein d'espoir et de désespoir, émouvant et glaçant, inspirant et inspiré.

Je ne connais pas les cités où évoluent les héroïnes pleines de fougue de Bande de filles (je me demande d'ailleurs comment la réalisatrice a écrit son scénario, n'étant elle-même pas issue de ce milieu), je n'ai jamais eu à me débattre en milieu hostile, je n'ai pas eu à m'occuper de petites soeurs après l'école; j'en ai été d'autant plus impressionnée par l'énergie et la rage de survivre de ces héroïnes, qui de leur propre aveu ne vont "nulle part" et en même temps si loin, qui sont obligées d'en faire des tonnes pour s'en sortir.
Échec scolaire, grand frère dictant sa loi, petit copain dépassé par la situation, Marieme traverse les épreuves comme autant de cerceaux en feu. Avec bravoure et panache, et un instinct de survie qui laisse admiratif.

Superbes portraits de filles incarnées par des actrices au charisme indéniable (mention spéciale à Assa Sylla que je ne suis pas prête d'oublier), dont on reverra bientôt j'espère la fougue mordante sur nos écrans où les filles noires sont curieusement absentes (ironie dans le texte).
Film sur l'adolescence, film témoin d'une époque où la précarité et les inégalités sont la norme, film d'une force incroyable, Bande de filles ne se raconte pas, mais doit être vu.

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 22:25

Cette fille, je ne l'avais pas vue depuis environ six ans.

Je suis à un apéritif post-projection, mes amis vaquent à leurs politesses et moi je me suis retranchée dans un coin, en non-intermittente.

Je reconnais son dos.
C'est drôle de reconnaître le dos de quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis si longtemps. Je vois son profil et là j'en suis sûre, c'est elle. Je ne sais pas comment je me suis soudain retrouvée derrière ce dos, ce qui m'a poussé jusque là, mais j'y suis bel et bien, et tout à coup ma main s'élève et lui tapote l'épaule.

Elle se retourne, je vois bien dans ses yeux qu'elle ne me reconnaît pas, je ne me décourage bizarrement pas. Je lui rappelle qui je suis, que nous avons travaillé pour la même personne, il y a six ans de cela, j'ai même gardé ses enfants une ou deux fois.

Je ne suis pas certaine qu'elle me remette, il s'est passé "tellement de choses folles" dans sa vie, depuis six ans. Ses enfants sont devenus des ados, elle a divorcé, mais ça je le sais, c'était il y a plus de six ans. Elle finit par me mitrailler de questions mais écoute à peine mes réponses. Où est-ce que j'habite, qu'est-ce que je fais maintenant, est-ce que j'habite le quartier, est-ce que j'ai quelqu'un?

"En tous cas ça m'a fait vraiment plaisir de te revoir."

Il y a cinq minutes à peine elle ne savait pas qui j'étais.

Dans cinq minutes à peine, elle ne saura vraisemblablement plus qui je suis.

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 21:45

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Une héroïne qui fuit vers l'Afrique, indépendante et solitaire, cela ne pouvait que me plaire.

Alors, oui, j'ai aimé cette histoire de transmission, d'émancipation, cette histoire personnelle qui se mêle à l'autre Histoire. J'ai surtout été sensible à l'écriture de Valentine Goby (dont j'ai envie de découvrir les autres écrits), aimé ses mots dans lesquels je me suis reconnue, parfois. Cette façon de raconter le corps, le charnel, la solitude de cette femme avec qui j'ai peu de choses en commun et dans laquelle je me suis pourtant un peu retrouvée.

"J'ai beaucoup marché depuis mon arrivée à Dschang. Seule. Redécouvert l'espace autour de moi, creusé l'espace intérieur. Ne pas être vue, entendue, attendue. Apprécier l'inutilité d'un pas, le plaisir qui s'y attache. Laisser dériver, s'abolir ma pensée. Ecouter le silence, les distances faire écho en moi. Être l'instant suspendu."

Malgré tout cela, cette lecture avait un goût d'inachevé, comme un manque que je n'ai pas su expliquer: j'aurais aimé en savoir plus, en avoir plus, que cette histoire aille plus loin que le périmètre qui me plaît tant habituellement, et dont j'ai envie de me défaire en ce moment.

Ce récit devait me plaire, il m'a plus, j'aurais juste aimé un peu plus d'inconfort; voilà.

 

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